On my road again
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blackswan


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Joined: 17 Feb 2012
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PostPosted: Sat 8 Sep 2012 - 00:06    Post subject: On my road again Reply with quote
Je suis si heureuse, je me sens si bien, si heureuse, enfin... Je reste encore très accrochée à ce forum car celui-ci a été un outil merveilleusement utile pour m'aider à mettre des mots sur mon mal-être, sur mes ressentis, sur mes interrogations de véritable torturée du cerveau... Je voudrais tellement vous remercier toutes et tous pour votre aide si précieuse. Vous qui m'avez lue et répondue et vous ceux dont les carnets m'ont profondément aidé à comprendre, à réfléchir, à prendre les bonnes décisions...   

   
Aujourd'hui je peux répondre avec un grand oui à la question "Ais-je bien fais de me battre et de rester pour sauver mon couple ?". Avec le recul, je ne regrette rien, je me dis que chaque étape de notre déscente aux enfers aura été utile pour atteindre le royaume de la libération et de la paix retrouvée grâce à un sevrage de convaincu et une véritable réflexion sur cette addiction de chaque côté du couple.
   

   
J'ai mené ce combat de toutes mes forces et le plus difficile fut que la personne que je combattais était mon propre compagnon, ce que je combattait c'était une partie de lui et des comportements qui lui appartenaient. Aujourd'hui, ce combat n'est plus le mien, j'ai avec le temps enfin réussit à passer le relais. Je me sens si légère, si soulagée, si "moi". J'ai tellement lutté et lutté pour en arriver là, j'ai passé tellement d'heures à pleurer, j'ai passé tellement de temps à réfléchir aux issues qui s'offraient à moi. J'ai cru perdre cet homme que j'aime tant à plusieurs reprises et à plusieurs reprises je me suis aussi vue le quitter. Je me souviens encore mes ras-le-bol, mes trop pleins de souffrances et ma colère face à la stagnation de son état de conscience face à cette addiction. Je me rappelle très bien m'être couchée plusieurs fois en me disant que je ne ressentais plus rien pour lui à part de la colère et de la rancoeur et que le lendemain il me faudrait le quitter. Mais à chaque fois, mon amour m'est revenu à la gueule comme une évidence pour me crier "bats toi, bats toi". A chaque fois que j'ai cru que c'était la fin de tout, je n'arrivais malgré tout pas à jeter l'éponge. Mon coeur, mon moral, ma santé psychologique ont volé en éclats bien des fois mais j'ai tenu bon. Je suis une personne très réfléchie et je me suis relevée avec une conviction profonde ; celle que je l'aimais et que je ne voulais pas l'abandonner maintenant, pas comme cela.
   

   
Alors oui bien sûr que parfois, je n'en pouvais tout simplement plus et je repensais enfin à moi, à sauver ma peau, mais mes sentiments m'ont toujours, toujours rappelé à l'ordre. A chaque fois que je listais des arguments dans ma tête pour me résoudre à quitter cet homme qui me faisait souffrir, je sentais mon coeur taper si fort dans ma poitrine... Partir était inenvisageable face à tant d'amour et un amour que j'ai toujours senti réciproque...
   

   
Je ne pouvais pas nous laisser détruire par une addiction !!! Quoi oui une addiction !!! Pas une personne, pas une maladie, pas un truc qui se met devant toi et que tu ne peux contourner nan une putain d'addiction !!! Mais bon sang comment peut-on détruire son couple a cause d'une putain d'addiction !!! Je ne comprends pas, je ne comprends plus !!!
   

   
Les hommes, les pornodépendants, bon sang l'amour est tellement plus kiffant que votre addiction, c'est un shoot à vie que vous prenez, un shoot partagé, consenti et qui vous laisse tout votre libre-arbitre. 
   

   
Pour ceux qui sont encore dans cette merde et qui s'interdisent une relation amoureuse par honte, par envie de ne faire souffrir personne d'autre qu'eux, je comprends mais battez-vous, battez-vous comme des lions car ce qui vous attend dans votre vie c'est tellement... tellement plus, tellement beau, tellement grand... Rien ne devrait pouvoir abattre l'amour, rien !!!
   

   
Je suis si soulagée que mon couple sorte la tête de l'eau. C'est enfin mon compagnon qui porte son sevrage, c'est enfin lui qui nous reconstruit, c'est enfin lui qui veut s'en sortir pour lui... Après tant de larmes de tristesse, j'en ai encore en réserve et je peux pleurer de joie... Oui c'est possible, je n'y croyais pas non plus !!!
   

   
Je l'aime tant et tellement plus fort depuis cette épreuve. Nous nous sommes retrouvés, rapprochés, retrouvés oui... Je ne sais pas comment réaliser tout cela encore mais c'est totalement différent. Il est "lui" et ses émotions, ses ressentis, ses sentiments me sont désormais accessibles et visibles... Je le remercie de ce cadeau. Je ne doute plus de son amour, il me le montre, il me l'exprime dès qu'il le peut. Il prend enfin soin de moi, de sa petite femme qu'il aime plus que tout. Il recommence à m'appeler "sa perle", je suis son petit trésor et je me sens tellement plus aimée... Je ne sais comment décrire cela, je suis si émue. Crying or Very sad  
   

   
Je ne sais comment remercier ce forum, ces internautes et confidents merveilleux que vous avez été et que vous êtes pour moi. Je vous remercie tous car même si mon ami peut encore faire des rechutes, ce n'est plus cela qui est important. Non cette fois, quelque chose de grand a été franchi, quelque chose que j'attendais depuis 7 mois... 
   

   
Je sors de cet enfer, enfin, c'est si bon... Mon compagnon lui y est encore mais il me suit de près car nous sommes liés par la sincérité, la vérité, le partage dans la souffrance, l'amour, le dialogue permanent et inhérent à des avancées vers une vie meilleure ! notre vie n'en sera que plus belle après cette épreuve oui ! Elle sera savourée et appréciée à sa juste valeur... Okay
   

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PostPosted: Sat 8 Sep 2012 - 00:06    Post subject: Publicité
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Giller


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Joined: 18 Apr 2012
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PostPosted: Sat 8 Sep 2012 - 18:50    Post subject: On my road again Reply with quote
Trop mimi le surnom <3 Tu émets tellement d'ondes positives qu'on ne peut douter que tu ronronnes ^^
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blackswan


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PostPosted: Tue 11 Sep 2012 - 00:26    Post subject: On my road again Reply with quote
Hier soir j'ai assisté à quelque chose de destabilisant chez mon compagnon. Nous parlions et nous nous prenions un peu le bec sur un de ses nouveaux achats compulsifs ; un jeu vidéo attendu depuis des années qu'il avait renoncé à acheter pour le moment et qu'il a quand même courru acheter quand un de ses amis est venu l'essayer sur son ordi (je sais pas pourquoi)... Mon copain n'a pas pu résister à l'envie d'acquérir ce nouveau jeu et à y placer une certaine somme d'argent tout de même. Il me l'a caché parce qu'il m'avait dit su'il ne l'achèterait pas et il l'a quand même fait. J'ai associé cela à un achat compulsif, à l'assouvissement d'une envie viscérale qui l'habitait et cela m'a plutôt refroidie car pulsion = porno. Je pense que ses addictions jeux et porno sont liées et qu'il comble quelque chose avec. Après une sérieuse discussion sur le sujet et sur le fait qu'il soit désolé d'avoir effectué cet achat de manière compulsive, nous avons décidé de mettre ce jeu de côté pour le moment et de travailler (lui donc) à établir en priorité un nouvel équilibre de vie. Se sevrer est déjà très difficile et je pense que ce n'est pas du tout le moment pour lui de passer des heures sur son ordi. Il semble comprendre cela mais ne s'exécute pas vraiment, pour lui ce n'est pas de passer du temps sur l'ordi qui le fera rechuter ou non ; s'il doit rechuter il ira de toute manière sur l'ordi. Soit. Il avait installé un logiciel de protection genre K9 mais un autre et l'a désinstallé car cela bloquait trop de sites. Depuis il est convenu que la prochaine fois que j'aille chez lui je lui mette un mot de passe. Bref, nous verrons.  

  
Je tiens à préciser que ce n'est pas moi qui ait décidé cela, je suis plutôt contre ce système de logiciel mais en même temps si cela peut le ramener à la réalité la prochaine fois qu'il sera pris d'une fièvre de rechute... En même temps, il a son téléphone et il l'a déjà utilisé pour alors il pourra contourner ce système. Ce qui m'amène à la conclusion qu'un logiciel sert pas a grand chose sauf s'il est sur son ordi et que d'un coup, il se dit "si j'allais voir une image de..." et là çà le ramènera à la réalité. L'image de tel manga lui est bloquée parce que c'est un premier pas dans le X.   

  
Hier soir donc nous parlions de cette histoire de jeu qui m'a vraiment fait chier pour vous dire la vérité. J'aurais voulu qu'il me dise qu'il allait le rendre mais nan il a décidé de le désinstaller et de le laisser de côté. C'est déjà mieux que rien je dirais. Bref, on parlait de cela et d'un coup il s'est braqué contre moi parce que je lui ai fais répéter une phrase ou il me disait que çà faisait une semaine. Et je n'avais pas bien entendu je lui ai demandé de me répéter, il s'est direct renfermé et m'a dit qu'il n'avait plus envie de me parler de cela. En fait (je crois) qu'il voulait me dire que çà faisait une semaine qu'il était en sevrage. Je crois aussi qu'il voulait me dire que c'était difficile pour lui la fin de semaine. Après multiples tentatives vaines pour le débloquer j'ai réussi néanmoins à le faire se réouvrir un peu. Je crois qu'il voulait que je sois fière de lui tout simplement. Mais comment dire, pour moi une semaine c'est peu, est-ce que j'ai tort ?  

  
Je lui ai dis bien sûr que j'étais fière de lui et que je savais combien cela devait être difficile mais que je ne pouvais évidemment pas connaître tous les détails de ses états d'esprit et que je n'étais pas non plus la meilleure personne pour parler de cela avec lui. Enfin pas la personne la plus objective surtout. Je le sentais très à vif, très vulnérable. Il me disait que cela était très dur pour lui, qu'une partie de lui avait envie de porno et que l'autre luttait... C'est un homme coupé en deux entre sa raison, son amour pour moi, sa volonté et puis son shoot, sa drogue qui l'appelle et qui lui dit "viens rien qu'un peu".  

  
Il a commencé à voir une psy et cela l'a destabilisé je crois. Je pense que c'est une bonne chose pour commencer à identifier ce qui lui fait si mal au fond de lui. Sincèrement, même s'il semble être un roc avec un coeur de pierre parfois, je suis convaincue que c'est quelqu'un de très fragile qui s'est construit une vie sur des rituels, des routines, des habitudes, des comblements par ci par là pour oublier ce qui lui fait mal.  

  
Hier nous parlions de sa vie, de son ressentiment d'emprisonnement. Il me dit qu'il se sent prisonnier de sa situation, de sa vie, des contraintes qui l'entourent. En fait il s'est construit lui même sa prison j'ai l'impression. C'est quelqu'un de terre-à-terre et qui dévie rarement du chemin qu'il s'était donné à suivre. Quand je lui demandais pourquoi il ne souhaitait pas changer d'école pour que l'on puisse emménager ensemble il me répondait constamment qu'il voulait finir son parcours pour avoir un bon métier, un bon salaire, construire une jolie maison et mettre sa future famille à l'abris du besoin. Il me disait, "plus tard tu verras on sera heureux et tu ne penseras plus à ces durs moments loins l'un de l'autre". Je crois que construire SA famille et avoir une vie de famille équilibrée est un de ses objectifs à long terme. Mais ce souhait l'oblige à rester fixer sur un trajet et à s'imposer une conduite à suivre en toutes circonstances. Je comprends que quelque part il se sente coincé.   

  
Il a beaucoup d'envies d'évasion, de voyages, de découvertes. Je suis géographe et pas un gratte-papier mais une rêveuse qui espère parcourir les grands espaces sauvages eneigés d'Alaska ou d'aller faire un brin de toilette dans le Gange. Je comprends tout à fait cette envie de s'évader, de partir loin, de changer d'air, de découvrir et de mourir moins con. Je l'ai beaucoup encouragé à réaliser ces envies et à les concrétiser. Il était vraiment vulnérable, se disant qu'il était emprisonné... Je sentais des couches de la carapace qu'il s'est forgé se craqueler. J'ai senti qu'il entrevoyait l'espoir d'être plus heureux que maintenant. Peut-être qu'il s'est longtemps enfermé dans une complaisance du porno parce que de toute façon il n'est pas bien et que l'arrêt du porno ne ferait que créer un vide supplémentaire et lui ferait comprendre qu'il est vraiment malheureux dans le fond.  

  
Je suis sa chérie et cela me fend le coeur de réaliser cela. Je souhaite le bonheur à mon compagnon et si moi-même je lui apporte une certaine part de bonheur bienvenue je ne peux évidemment pas tout compenser, pas tout réparer, pas tout apporter. Je voudrais qu'il se décide à être heureux. A lever les pièges qu'il s'est tendu et qui le tiennent prisonnier. Le porno, les jeux, sa capacité à se couper de tout ce qui peut le toucher et l'atteindre, son exclusion d'une certaine manière du monde des ressentis, des émotions, des sentiments. J'ai parfois 'impression que seuls les sentiments positifs sont acceptés. Dès que je peux le faire souffrir ou le blesser c'est silence et distance au rendez-vous. Il coupe le fil entre nous pour ne plus recevoir de décharges de ma part.  

  
Je lui souhaite une belle reconstruction, s'il me lit je voudrais lui dire qu'il mérite d'être heureux et que sa vie peut changer tant qu'il s'en donne les moyens. Hier soir, il m'a dit que notre conversation lui avait redonné envie de s'en sortir, de continuer à combattre, qu'il voulait se sentir plus libre. Je crois que cet arrêt du porno lui enlèvera une première épine du pied, qu'au fur et à mesure, il sera de plus en plus convaincu de sa capacité à accomplir les choses dont il a envie et qu'il se fixe.  

  
Je croise les doigts.  

  
De mon côté, je suis très à fleur de peau je trouve. Il y a des moments où je me sens divinement bien et d'autres où je me demande si on y arrivera. J'ai une peur panique du déni, d'un retour en arrière, d'un abandon de sa part. J'ai aussi peu confiance en moi et en lui. Je déteste quand il sort et je suis triste car je sais qu'il va rencontrer du monde. Et je doute, je doute que notra amour le retienne face à une fille bien roulée comme celui-ci s'est fait piétiné par le porno. Et puis je me sens encore trop fragile pour me dire que je suis une femme belle, intelligente, merveilleuse et qu'il a vraiment trouvé une perle. Je n'arrive pas encore à me dire cela. Je suis en reconstruction. Je veux des preuves et du temps. Je veux avancer doucement, tout simplement.  

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Giller


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PostPosted: Tue 11 Sep 2012 - 09:10    Post subject: On my road again Reply with quote
 
Quote:
Peut-être qu'il s'est longtemps enfermé dans une complaisance du porno parce que de toute façon il n'est pas bien et que l'arrêt du porno ne ferait que créer un vide supplémentaire et lui ferait comprendre qu'il est vraiment malheureux dans le fond.  




Ca tu vois ya une video qui l'illustre : http://www.youtube.com/watch?v=NGKyAsjJNOU
L'extérieur c'est le porno et la sécurité qu'il offre en repoussant les problèmes et en permettant de ne plus ressentir directement la souffrance enfouie (enfin on croit ça mais bon ...), la vitre qui s'ouvre c'est le moment où le porno est assez loin pour qu'on sente les problèmes à résoudre, les souffrances à apaiser, et dans l'hopital c'est tout ce qui dérange, et comme le fait Homer faut foncer  Okay
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Léa


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PostPosted: Tue 11 Sep 2012 - 14:45    Post subject: On my road again Reply with quote
Tu sais Blackswan, lorsque mon compagnon a commencé à se traiter, j'ai souvent éprouvé cette peur que le chateau de carte s'effondre parce qu'on enlevait les cartes du porno tout en dessous.

Peu importe que ce soit l'addiction au porno qui soit à l'origine de tout ou tout simplement un symptôme, le fait est que les années de conso ont façonné ou crée une personnalité particulière.

Ce qui me préoccupait le plus chez lui à l'époque c'était le manque de lien avec la réalité malgré son intelligence. Il ne savait pas s'organiser dans le temps, il s'emportait gravement pour rien et surtout contre lui-même.
Il etait sans cesse insatisfait de lui-même mais intrensigeant avec les autres. Il exigeait des autres ce qu'il regrettait de ne pas savoir faire lui-même.
Il exprimait sans cesse des projets un peu utopiques(faire St Jacques de Compostelle, apprendre telle langue en cours du soir alors qu'il était tout le temps fatigué, faire des voyages..)
Il disait tres souvent que nous etions trop statiques, qu'il fallait que ça bouge mais il ne faisait rien pour...

Bref, je le sentais completement à côté de sa vie, tout le temps insatisfait, rêvant d'une vie autre.
Il avait des conflits monstrueux avec sa fille parce qu'il ne la comprenait pas, à nouveau parce quil n'était pas dans la réalité.

La psychotherapie puis le sevrage ont quasiment totalement fait disparaitre ces traits de caractères envahissants.

Je pense que l'addiction n'est qu'une petite araignée au milieu d'une puissante toile gluante.
Chasser cette addiction est une première étape mais elle n'est rien à côté du travail colossal à faire sur soi.
Sans l'aide d'un professionnel, cela me semble impossible.

Blackswan, j'ai peur pour toi...le chemin risque d'être encore tres long et tres difficile....
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blackswan


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Joined: 17 Feb 2012
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PostPosted: Tue 11 Sep 2012 - 15:06    Post subject: On my road again Reply with quote
Léa tu sais je sais que ce qui m'attend encore et crois moi je ne me suis jamais dis "çà y est on est sauvés!". Simplement, je sens comme un virage, un regain d'énergie, de volonté, d'amour, de mieux-être, de sa part. Je ne pense pas mentir en disant qu'il commence à travailler sur lui même et à se réinsérer dans la réalité de sa vie. 

 
Il commence tout juste son introspection avec une psychologue qui souhaite plutôt le faire travailler sur les liens qu'il a avec sa famille. D'après le peu qu'il m'a expliqué (et que je respecte totalement) la psy souhaite travailler avec lui sur la logique d'attachement/détachement. C'est le début, tout début et les effets sont encore impossibles à cerner. D'autre part, il doit aussi entamer un travail avec une addictologue pour gérer son sevrage dans les meilleures conditions. 

 
Je sais donc ce qui l'attend et je sais que cela ne sera pas évident. Ces différents travaux parallèles vont certainement le faire réfléchir et le destabiliser et il devra apprendre à gérer cela aussi.  

 
Le porno est une chose oui et je pense qu'elle cache un certains nombre de mal-être, de problèmes affectifs. Il était bien entendu impossible pour moi de répondre à toutes ses attentes, de combler tous ses besoins, de résoudre toutes les équations de son insatisfaction dans de nombreux domaines. 

 
Je ne peux pas lui apporter le bonheur à moi seule, c'est à lui de le trouver, de le gérer, de le savourer et de le faire grandir. 

 
Moi aussi je constate que mon compagnon a beaucoup d'envies et d'idées mais que rien ne rentre en application. Il s'en empêche tout seul, il ne s'en donne pas les moyens et reste finalement assis dans la vie qu'il s'est construit depuis son adolescence et qui, au final, ne le rend pas heureux. 

 
La réalité, il a un pied dedans mais en même temps parfois je le sens complètement ailleurs. Enfin, c'est étrange et difficile à expliquer. Avec moi, je ne le sens pas ailleurs mais quand nous discutons au téléphone oui parfois. J'ai l'impression qu'il veut fuir aussi certaines choses en espérant reconstruire sa vie d'adulte dans un pays autre que la France. Mais cette fuite ne lui apportera rien de plus à long terme car les problèmes qu'il fuit ne seraient pas résolus. Je crois que mettre des mots sur ce qu'il souhaite, qu'il veut, qu'il veut changer, qu'il veut arranger, l'aiderait. Je crois aussi qu'il a besoin de beaucoup d'amour pour avoir un moteur à ses envies. D'une certaine manière, je crois que notre relation lui donne une bonne raison de changer comme il l'entend. Si je n'avais pas été là, il serait encore dans des eaux stagnantes. Là, il commence à nager, à faire quelques brasses et à évaluer sa capacité à avancer vers ce quoi il aspire. Je suis une aide supplémentaire mais je ne suis pas la solution. 

 
Tu as raison, une aide extérieure est primmordiale. Et tu as encore raison, le chemin est loin d'être fini. Mais un grand pas a été franchi et je le sens vraiment avec moi prêt à en découdre. C'est une première victoire, il y en aura d'autres Léa  Wink  

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Léa


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PostPosted: Tue 11 Sep 2012 - 18:52    Post subject: On my road again Reply with quote
Je ne pensais vraiment pas cela de toi....

Mais je sais aussi combien cette addiction nous place tel un pantin accroché à l'abscisse d'un graphique, tantôt tres vite tout en bas, tantôt comme un miracle tout en haut.

J'ai déjà vécu cela tellement de fois en pensant que ce serait la dernière fois.

Je te comprends tres bien lorsque tu dis que cette fois tu sens qu'un pas a été franchi.

Chaque pas est important, essentiel mais mon expérience de presque 3 ans m'a montré que le chemin peut être tres long et sinueux.

Tu vois, moi aussi je sais, je sens que cette fois, il y est mais combien de pas lui aura t il fallu? Mon dieu, je suis incapable de dire combien de fois il a rechuté et combien de fois je suis retombée de mon nuage malgré ma lucidité, malgré ma comprehension du problème, mlagré les mises en garde.

Bien sur qu'il va réussir, de plus en plus y arrive ici mais même si tu le sais, je n'i pas pu m'empêcher de t'avertir que cela n'allait pas se faire sans souffrance de part et d'autre.

Tu es jeune, j'ai si peur que cela t'abime....
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Dave


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Joined: 09 Jul 2012
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PostPosted: Tue 11 Sep 2012 - 21:22    Post subject: On my road again Reply with quote
Blackswan, 
Tu sembles assez déstabilisé par tout ça et ça te fait peur. Je crois néanmoins qu'il ne faut pas trop s'inquiéter et que ça fait partie du travail de sevrage. Je veux dire qu'en se sevrant il va ressentir certains manques et il va devoir apprendre comment gérer tout ça. C'est un chemin d'apprentissage et je crois qu'il faut le permettre de découvrir par lui-même, qu'est-ce qui marche, quelles sont les choses qui l'aident dans son sevrage et quelles sont les choses qui ne l'aident absolument pas. Il va faire quelques erreurs de parcours, mais c'est comme ça qu'il va apprendre le mieux. Et ça deviendra des convictions. C'est mieux que s'il le fait pour te faire plaisir, mais sans être convaincu lui-même.
Laisses le faire ses erreurs.  


Le fait qu'il est beaucoup sur l'ordi et sur des jeux, tu dis penser que c'est lié au porno et que tu as l'impression qu'il essaie de combler quelque chose. C'est sûrement vrai, mais peut-être qu'il n'est pas encore prêt à lâcher tout d'un coup: ét le porno ét les yeux ét l'ordi. Personnellement j'ai diminué mon temps sur l'ordi, mais j'y suis encore souvent. Je compte diminuer l'ordi aussi petit à petit, mais voilà, j'en suis pas encore. 
Puis l'achat compulsive... Souvent au début du sevrage on ressent un manque/un vide et on a tendance à vouloir combler ce vide en nous jetons intensément sur autre chose. Pour certains c'est la cigarette, d'autres des jeux de vidéos, d'autres la nourriture, d'autres peut-être l'alcool, encore d'autres peut-être des achats compulsives. Il y en a beaucoup (et moi compris) qui ont ressenti comme une dépendance à ce forum. ça fait un peu peur de constater qu'on essaye de combler le manque du porno par une autre dépendance, mais souvent c'est assez innocent et c'est juste le temps de trouver un équilibre et des moyens de mettre des nouvelles habitudes en place.
Moi j'ai jamais eu de tendance alcoolique, mais j'aime bien de temps à autre un bon verre de vin. Au début de mon sevrage j'ai remarqué que j'en buvais presque chaque soir 2-3 verres. ça m'a fait peur à un moment et j'ai dit à ma femme que je devrais faire attention avec l'alcool. Pourtant après quelques semaines cette tendance à complètement disparu. 
 
Puis aussi par rapport au fait qu’il voulait t’entendre dire après une semaine que tu es fière de lui. Tu te dis : une semaine ce n’est quand même pas beaucoup.
Je comprends ce que tu veux dire : il est supposé de courir un marathon et après un kilomètre il s’attend que tu l’applaudis et c’est même presque comme si il veut une médaille.
Il faut savoir que les efforts requis pour tenir la première semaine de sevrage sont de loin supérieure à celles requis pour tenir une semaine de plus après un mois et demi de sevrage. Donc il ne faut pas tellement évaluer sur base du « temps » uniquement, mais plutôt sur base des « efforts » qu’il a dû faire.
Pour revenir à l’image du marathon : à la ligne de départ, le dépendant est ligoté avec des chaînes. Au début pour desserrer la chaîne de quelques centimètres à peine, il faut énormément d’effort. Une fois desserré, on peut s’en défaire plus facilement et c’est seulement après qu’un vrai marathon peut commencer. (On parle souvent d’un cap de trois jours, puis trois semaines, puis trois mois).
Les premières semaines on doit se battre jour par jour, même heure par heure pour résister à des pulsions fortes. Après quelques semaines les pulsions deviennent beaucoup moins fréquentes et moins intense. A ce moment là, c’est plutôt le vide qui se fait ressentir et une envie de combler ça par le porno.
Donc s’il le comble temporairement avec d’autres choses, ce n’est pas si grave, c’est passager.
Donc absolument : il mérite que tu sois fière de lui après sa première semaine de sevrage ! 
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blackswan


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Joined: 17 Feb 2012
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PostPosted: Tue 11 Sep 2012 - 23:23    Post subject: On my road again Reply with quote
Merci Léa, Giller, Dave, pour vos éclaircissements, vos avis respectifs, vos impressions, vos conseils. Léa je me suis mal exprimée peut-être mais en ce moment j'ai vraiment, vraiment, vraiment envie d'y croire.      

     
Je suis une toute jeune femme, je suis en pleine construction et il est clair que cette épreuve est d'autant plus difficile à gérer quand soi-même on est encore instable, fragile, en construction. Je me cherche tout autant que mon compagnon, je me trouve plutôt intelligente et réfléchie mais je me cherche beaucoup. Je cherche ma voie professionnellement parlant, je suis en fin d'études et des études qui m'ont beaucoup apportée mais je me demande quel chemin va prendre ma vie. Mes envies d'évasion et de découvertes sont communes avec celles que ressent mon compagnon mais pour l'instant elles restent à l'état de songes et de rêves. Et si mon compagnon souhaite larguer les amares sans se retourner (ou presque), moi j'ai beaucoup plus d'attaches ici. Mon identité, ma personnalité, mes fondations ont été construites ici en France et les rêves que je me suis créée se sont construits dans un environnement familier, dans un cocon façonné par mes parents, mes grands-parents.      

     
Je crois que comme beaucoup de femmes sur ce forum, je m'épanouis dans un environnement où je donne de ma personne, où j'écoute les autres et où j'aime aider qui vient se confier à moi. Je me sens bien en redonnant le sourire à quelqu'un, en améliorant la situation de quelqu'un, en me sentant utile. Ce problème d'addiction est terrible pour mon couple mais c'est aussi quelque chose qui m'a beaucoup rapprochée de mon compagnon. Car oui cette épreuve m'a abimée mais je me suis reconstruite dessus, je me suis dis que l'on devait s'en sortir ensemble lui et moi et je me sentais bien dans ce rôle de battante qui souhaite éveiller son compagnon à la beauté de la vie et à la liberté retrouvée. Quelque part cette épreuve est à double-tranchant, elle me donne plus de poids auprès de mon compagnon et nous rapproche dans cette lutte commune et en même temps elle me blesse. J'oublie bien souvent que cela est SON combat et pas le mien. Moi je l'ai éveillé à la vie qu'il pouvait avoir, c'est tout. Je me donne peut-être plus d'importance que je n'en n'ai dans cette lutte. Pourtant je pense avoir un rôle actif. Et là et le problème, cette place me met plus en danger et me fait plus de mal. Il faudrait que je glisse vers une place d'accompagnante. Mais je ne suis pas une simple accompagnante. Je suis son amoureuse, celle qui souhaite le voir se réaliser et qui vit chaque moment de bonheur retrouvé comme un cadeau pour deux. Je veux d'une certaine manière avoir moi aussi les bienfaits de son sevrage et les partager avec lui. Je souhaite goûter à ses avancées, à les partager avec lui.      

     
Je suis jeune oui et je suis en pleine construction, en pleine préparation de qui je serais plus tard. Cette épreuve m'aura montrée ma force, mon courage, mon intelligence, ma tenacité. Oui elle me montre un reflet de moi-même qui me plaît. Je me dis que je suis une femme qui a de grandes qualités et qui peut se réaliser pleinement avec toutes ces cartes en main.      

     
Mais en ce moment, mon combat, ma lutte si je puis dire, c'est de commencer à voir mon compagnon s'ouvrir à ce qu'il est réellement et à y participer. Lorsqu'il me parle, j'essaie de prolonger les réflexions qu'il énonce pour qu'il aille jusqu'au bout de ses idées et de ses envies. Je veux qu'il s'accomplisse pour être heureux car je pense qu'un homme, un mari heureux est bien plus à même de nous aimer qu'un homme malheureux et prisonnier de ce qu'il est et n'arrive pas à changer. J'aime voir mon ami se chercher lui aussi et se (re)découvrir. Je commence à me rendre compte de la personne qu'il m'a longtemps cachée. Une personne très curieuse et pleine de projets à réaliser. Cette découverte de l'autre me fait un peu peur car je perds mes repères mais l'amour qui nous a toujours réunit reste bien là. Je me raccroche donc à cela quand j'ai peur du changement.      

     
Quelque part je pense que c'est normal d'avoir peur. J'ai peur parfois que comme il rattache son ancienne vie au porno et que moi je faisais partie de son ancienne vie alors il finisse par se dire qu'il faut mieux tout recommencer. Mais je sais aussi que je suis celle qui lui a fait ouvrir les yeux et avec qui il s'est battu pour changer et devenir un homme libre. Je pense donc que le temps me redonnera confiance et que je serai moins inquiète.     

     
Cette histoire de jeux m'a perturbée car je sais que ce n'est pas un simple passe-temps mais un véritable trou aspiratoire à problèmes où son cerveau se déconnecte et où il décompresse. Je pense que de jouer des heures sur ce jeu alors qu'il est à un moment charnière où il commence à réfléchir sur lui-même est compromettant tu comprends ? C'est pour cela que je lui expliquais que plus tard quand l'équilibre serait établi et qu'il irait mieux alors on verrait pour cette histoire de jeu. Chose à laquelle il a répondu affirmativement pour que je puisse continuer à lui faire confiance et à être rassurée par son comportement. Je pense qu'il a besoin de me sentir en confiance et il fait tout pour la regagner. Je lui en suis vraiment reconnaissante.     

     
Je connais ces hauts et bas, ces montagnes russes, ces pics et ces remous qui s'alternent et se ressemblent parfois. Je comprends cette peur que tu as pour moi chère Léa et ton envie de me protéger. Si ma chère maman savait tout ce que j'ai enduré ces derniers mois je pense qu'elle se sentirais très mal et en même temps très fière de moi. Mais je suis ainsi, je ne veux pas lâcher, cet homme Léa je l'aime tellement. En ce moment, notre amour me semble au dessus de tout et je n'ai jamais connu cela auparavant. Cela mérite bien quelques détours sinueux je présume. Je suis avec cet homme depuis 3 ans et malgré tous les obstacles sur notre route nous sommes encore ensemble. Nous envisageons notre vie future ensemble et discutions tout à l'heure de quelles langues nos enfants parleront plus tard en nous disputant sur le choix du parler-français, parler-anglais, parler-anglais/français. Sur le coup je me disais que l'on était pas d'accord et que c'était embettant et là je réalise tout juste qu'on se prenait le chou malgré tout sur quelles langues nos enfants parleraient. Alors qu'on a juste 20 ans quoi ! On ne s'en est pas rendus compte sur le moment mais nous envisageons nos vies futures liées quoiqu'il en soit, c'est ainsi. Le porno, la pornodépendance, la liberté de soi retrouvée, ce sont des étapes à franchir. Et nous les franchirons que cela soit long ou compliqué j'en reste persuadée. je n'abandonnerai pas, non  Wink      

_________________
"Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers." [Charles Beaudelaire]
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Léa


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Joined: 17 Aug 2010
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PostPosted: Wed 12 Sep 2012 - 06:00    Post subject: On my road again Reply with quote
N'abandonne surtout pas.
Quand l'amour, celui qui deplace les montagnes est au rendez-vous, il faut lutter pour le sauver.
C'est également mon point de vue....lorsque la lutte vaut la peine, alors elle doit être totale, jusqu'à la dernière limite.
C'est personnellement ce que j'ai fait....même si j'ai l'âge d'être ta maman (j(ai une fille de 20 ans) cet amour était tout nouveau et fabuleux pour moi.
Je n'ai jamais été une femme desespérée, dépendante affective, j'ai vécu de tres belles histoires d'amour, j'ai des racines solides et cet homme, malgré sa terrible addiction, j'y tiens plus que tout.

Je sais qu'il vaut la peine que je combatte à ses côtés.
Je te comprends parce que  nous nous ressemblons, je suis aussi un Saint Bernard heureux, d'aillerus j'en ai aussi fait mon métier....

Tu vas y arriver, il va réussir, il a une chance inouie d'être aimé par une jeune fille de ton intelligence et je suis certaine qu'il le sait....

Je t'embrasse bien fort....
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Mon 8 Oct 2012 - 23:45    Post subject: On my road again Reply with quote
J’ai perdu l’amour de ma vie ; l’amour de ma vie pendant trois ans, l’amour de ma vie jusqu’à présent. Est-ce l’amour de ma vie, de toute ma vie ? Là est la question. J’ai perdu l’homme que j’aimais car des doutes sur le fait que je sois la femme de sa vie sont venus s’immiscer entre lui et moi. A l’heure actuelle, je ne regrette rien et je tiens à apporter encore une fois mon témoignage. La pornodépendance, ce mal qui me semblait incurable et complètement hors de portée est en train de s’en aller. Mon compagnon s’en est allé et sa pornodépendance aussi ; Oui, il y a le fait qu’on ne soit plus ensemble et que je n’aie plus à supporter ce lourd fardeau mais avant que nous nous séparions, j’ai pu apercevoir avec joie les premiers signes de sa guérison et de sa liberté retrouvée. Je suis tellement fière de moi, si vous saviez. Si tout était à refaire, je replongerais à nouveau dedans car je suis si fière de moi… J’ai réalisé mon objectif de lui faire retrouver sa liberté même si cela n’aura pas permis de tout sauver entre nous. Je suis si heureuse… L’homme que j’aime et qui aura toujours une grande place dans mon cœur se redécouvre et se reconstruit, il n’y a pas plus beau cadeau de vie pour moi. J’ai lutté corps et âme à la fois, j’ai encaissé et j’ai cru parfois que tout était perdu dans cette bataille mais non, je crois sincèrement qu’il s’en sortira. Cette épreuve nous aura énormément rapprochés par moments mais n’aura pas suffit à dissiper tous les doutes de mon compagnon. Cette reprise de liberté, ces ailes à nouveau déployées, je n’ai plus vraiment ma place dans tout cela quand l’heure est à la remise en question de tous les fondamentaux et à la recherche d’un bonheur individuel.    

    

    
Je vais bien. Je suis fortifiée par ce dernier combat à deux. Je ne sais pas si j’ai perdu mon compagnon pour toujours ou pour un bout de route seulement mais ce n’est plus cela qui compte. J’avance avec lucidité et fierté, je me trouve à nouveau belle et forte, je me découvre une force insoupçonnée après que cette saloperie de pornodépendance m’ait complètement démolie. Toute cette énergie que j’ai donnée pour lui, je peux désormais  l’utiliser dans mon intérêt et pour mes avancées futures. Je recommence à apprécier l’air frais sur mon visage, la lueur des étoiles le soir au rebord de ma fenêtre, les choses toutes simples de la vie. Je veux réaliser mes rêves les plus beaux et les plus fous, ceux que j’avais mis de côté pour sauver mon couple, sauver mon compagnon de son addiction. A tous les pornodépendants, la vie est si belle quand la liberté vous coule à nouveau dans vos veines… A toutes les compagnes de dépendants, suivez votre cœur car il n’y a que lui pour vous guider et vous faire prendre les bons chemins. Essayez toutefois de ne pas vous oublier dans ce combat difficile et de commencer à vivre au lieu de survivre. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve ou vous prépare mais soyez simplement le plus heureux possible et ne vivez pas pour l’autre même si vous l’aimez. Je crois que ce fut une de mes erreurs, j’ai arrêté de vivre pour moi et j’ai tout donné pour être aux côtés de mon compagnon mais ma souffrance m’aura bouffée toute crue. J’ai perdu mon humeur joviale, mes envies d’évasion, ma capacité d’émulation dans les projets que je souhaitais mener et cela aura énormément fragilisé mon couple. En me laissant sombrer, j’ai aussi sûrement alourdi mon couple déjà en difficultés. Mais désormais, je veux me retrouver moi et me reconstruire avec cette force immense d’avoir réussit à éveiller mon ancien amoureux à la beauté de la vie. Je suis capable de gravir des montagnes et de me réaliser pleinement.     

    

    
Un grand merci à vous tous mes chers camarades et amis. Merci pour votre écoute, vos soutiens, vos mots qui ont soigné les maux qui me torturaient. Merci à Léa, merci à Giller, merci à Amalia, merci à Oups, merci à Dave, merci à 35 ans, merci à Cathie, merci à Forpapillon, merci à Pornend, merci à tous ceux que j’oublie et que j’embrasse.    

    
Un grand merci à mon compagnon ou ex-compagnon devrais-je dire, merci pour ces trois années d'amour bien remplies qui resteront gravées dans mon cœur et dans ma boîte à souvenirs. Merci de t’être libéré de cette saloperie et n’abandonne jamais ton combat, tu vaux mieux que çà. Si tu lis ce texte un jour, sache que tu auras toujours une place importante dans mon cœur même si je ne sais pas encore ce qu’il adviendra de nous deux et ce que la vie nous réserve.    

    
Merci à vous, encore une fois. (Et désolée si j’ai du contourner mon bannissement du site mais il fallait que je pose ce témoignage sur mon carnet, aujourd’hui, ce soir, c’est vraiment très important pour moi donc toutes mes excuses à toi Afreg, je te promets que c'est la première et dernière fois que je réécris avec un autre pseudo que le mien depuis mon exclusion).    

   
Merci  Okay    


Last edited by Silver on Sun 4 Nov 2012 - 22:53; edited 2 times in total
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Giller


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Joined: 18 Apr 2012
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PostPosted: Tue 9 Oct 2012 - 06:33    Post subject: On my road again Reply with quote
Merci à toi aussi pour tes soutiens et ton franc-parlé tu as apporté à ce forum au moins autant qu'il t'a donné  Okay


Bon courage pour la suite en tout cas.
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Se sevrer, s'offrir une vie
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Bardamu


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Joined: 13 Jun 2012
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PostPosted: Tue 9 Oct 2012 - 17:09    Post subject: On my road again Reply with quote
Comme Giller, je te remercie pour tes interventions toujours très impliquées.

Je te souhaite le meilleur et que ce que tu souhaites se réalise.

Bon courage Blackswan
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Dave


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Joined: 09 Jul 2012
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PostPosted: Tue 9 Oct 2012 - 20:37    Post subject: On my road again Reply with quote
Tu peux vraiment être fière de toi. Merci pour toutes des réflexions et tes interventions. Je me rejoins aux autres pour dire que t'as beaucoup apporté à ce forum. 
Tu as l'air de très bien prendre la rupture. Je te trouve bien courageuse  et forte. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir quand même un petit pincement au coeur que votre relation s'arrête là. Il y a beaucoup d'amour entre vous.  


Je te souhaite tout le meilleur ! Tu es une femme merveilleuse.
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amalia


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Joined: 19 Jan 2012
Posts: 562
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PostPosted: Wed 10 Oct 2012 - 15:35    Post subject: On my road again Reply with quote
Merci à toi pour ton témoignage, tu as apporté beaucoup sur ce forum.
Bravo pour ton courage tu peux en être fière.
Je te souhaite du bonheur, la paix et la sérénité .
Tu es fabuleuse.
_________________
Amalia
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Sat 20 Oct 2012 - 13:37    Post subject: On my road again Reply with quote
Voilà, j'éprouve le besoin d'ouvrir un nouveau carnet pour écrire une nouvelle page de mon histoire et me confier sur mon nouveau parcours de vie.       

      
J'aurais pu décider de touner le dos à ce site, à ce forum, mais j'avoue que je n'en suis pas encore capable. Pourquoi ? Et bien parce que ces huit derniers mois de ma vie ont été conjugés selon les règles de la porno-dépendance de mon ancien compagnon et parce que j'ai morflé comme jamais, si je puis dire. Aujourd'hui, je rentre en transition ; je ne suis plus une compagne de pornodépendant mais je l'ai été, et je n'oublierai jamais combien les conséquences ont pu être lourdes sur ma personne.      

      
Je veux donc me confier sur cette nouvelle route que j'emprunte, sur mes réactions et mes ressentis après avoir déposé mon "manteau de compagne de porno-dépendant". Je veux aussi redonner l'espoir aux femmes qui sont actuellement dans une pièce de quatre murs façonnée par la pornodépendance de leurs conjoints et qui se cognent contre toutes les parois sans trouver d'issue de seccours, lumière(s) éteinte(s).      

      

      
Alors me voici libre si je puis dire, libre de ne plus devoir vivre avec la pornodépendance, cette troisième entité dans mon couple. Libre de ne plus avoir peur, peur de trouver un fichier caché ou un lien équivoque oublié dans l'historique. Je suis libre de tous ces pleurs qui m'ont rongé lorsque je me demandais ce que je pourrais mettre en oeuvre pour sauver mon couple de cette addiction terrible. Libre de vivre selon mes propres règles, mon parcours individuel, mes envies de femme et mes rêves de gosse.      

      
Pendant des mois, je me suis posée la question suivante ; suis-je la bonne personne pour mon compagnon s'il continue ces pratiques qui me font tant de mal ? Avec le recul, je comprends que ma question était mal tournée et que j'aurais dû me la poser autrement. J'aurais du me demander si j'étais la bonne personne pour moi-même (?). Et là je réponds sans hésitations que NON je n'étais pas la bonne personne pour moi-même. Non je me consumais de tout mon être, de toute mon âme. A une amie de ce forum, j'ai confié être morte à plusieurs reprises pendant ces huit mois. Oui, je me suis vue mourir et je n'ai rien fais, je suis restée par amour, pour le sauver lui. Je me suis oubliée et je m'en veux tellement après coup.       

      
Son combat, je me le suis approprié, je l'ai brandis comme une lutte personnelle et j'ai oublié que j'avais moi aussi mes propres batailles à mener, mes propres chantiers à réaliser.      

      
Aujourd'hui, je commence à retrouver des parties de moi qui s'étaient éteintes pendant ces 8 longs mois de souffrance. Je récupère des morceaux d'âme que je pensais avoir perdu pour toujours. Ce n'est pas facile tous les jours, je dois bien l'avouer, parce que ces morceaux que j'avais semé ont été altérés par le temps. Ils étaient sur un petit sentier à l'air libre et ont été piétinés par d'autres pas, ont été déformés par la pluie et le vent tourbillonnant. Il est donc difficile de les faire coïncider avec les emplacements vides parce qu'ils ont changé de forme.      

      
Aujourd'hui, je veux vivre en accord avec qui je suis, je ne veux plus m'oublier pour qui que ce soit, même si l'amour peut nous y inciter. Depuis quelques jours, je passe devant une paire de bottines et je me dis que celles-ci habilleraient d'une jolie façon mes pieds. Et bien pour moi cela est un signe que je recommence à penser à moi. C'est peut-être futile, matériel, anecdotique, mais je ne pensais même plus à me mettre en valeur physiquement. Je recommence à "m'aimer" en tant que femme, après m'être répétée pendant des mois que je n'étais pas désirable et que je ne convenais pas aux critères de l'homme que j'aimais. Je redécouvre l'envie de porter des robes, de prendre soin de mes beaux cheveux bouclés, d'habiller mes yeux d'un mascara noir ébène pour agrandir mon regard.       

      
Je me suis tellement dénigrée ces derniers mois, je me suis tellement oubliée que cela me fait un bien fou si vous saviez !      

      
Quand on est dans la spirale, dans l'enfer de la porno-dépendance, on ne voit rien d'autre que la pénombre. On ne voit plus son reflet, on ne voit plus l'homme que l'on aime mais l'homme qui nous fait souffrir, on ne voit plus son couple comme un bonheur savouré mais comme une gangrène qui nous emportera au fond du trou.      

      
Cette spirale, on peut en sortir. Il y a tout un tas d'issues de seccours, on peut quitter son homme, il peut nous quitter aussi, on peut aller consulter un professionnel de la santé, on peut laisser les clefs de la pornodépendance à son conjoint et avancer à pied le temps qu'il s'en sorte. On peut penser à soi de nouveau, on peut vivre pour soi à nouveau.      

      
Je ne sais pas vraiment où je vais chers compagnes et compagnons d'infortune. Mais je conduis ma petite voiture, je m'imagine au volant de la 2CV de ma grand mère avançant à faible allure mais avec ce volant si imposant que moi seule je tiens en main. Je me vois dévalant les collines, je me vois la fenêtre rabattue vers le haut en roulant vers mon destin. Je me vois avaler des petits sentiers certes caillouteux mais qui me mèneront vers un très bel endroit. J'ai hâte de vous raconter la suite du parcours !      

    


Last edited by Silver on Sun 21 Oct 2012 - 00:16; edited 1 time in total
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Phoenicia


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Joined: 03 Jun 2012
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PostPosted: Sat 20 Oct 2012 - 17:00    Post subject: On my road again Reply with quote
Bonjour Silver,


J'en suis au même point dans mon histoire. Je suis mon chemin sans savoir où je vais, mais ça n'a pas d'importance. Et je revis là, ce que j'ai déjà vécu par le biais de la dépendance (dont je souffrais aussi) et d'autres problèmes personnels dont je me suis libérée. Le combat au final est identique : la fidélité à soi.


Bon voyage !
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Dave


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Joined: 09 Jul 2012
Posts: 500
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PostPosted: Sat 20 Oct 2012 - 18:40    Post subject: On my road again Reply with quote
Silver wrote:
Je recommence à "m'aimer" en tant que femme, après m'être répétée pendant des mois que je n'étais pas désirable et que je ne convenais pas aux critères de l'homme que j'aimais. Je redécouvre l'envie de porter des robes, de prendre soin de mes beaux cheveux bouclés, d'habiller mes yeux d'un mascara noir ébène pour agrandir mon regard.      
 

...


 J'ai hâte de vous raconter la suite du parcours !     
 




ça fait plaisir à lire Silver(swan) et hâte de lire la suite.
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Léa


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Joined: 17 Aug 2010
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PostPosted: Sat 20 Oct 2012 - 21:58    Post subject: On my road again Reply with quote
Bienvenue à toi, précieuse amie ;-)

Ton nouveau carnet aura sans doute une double utilité :

- il te permettra de continuer à cheminer au coeur de toi-même.

- il va montrer aux autres femmes qu'il est possible de trouver une issue qu,i quelle qu'elle soit est un retour vers le soleil de la vie.

Tu as la vie devant toi....nous avons tous et toutes la vie devant nous, il suffit de regarder vers les etoiles...
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Betty


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Joined: 12 Feb 2012
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PostPosted: Sat 20 Oct 2012 - 22:35    Post subject: On my road again Reply with quote
Salut "silver". Bon retour parmis nous.Tres bonne idée ce carnet, il te sera sans doutes utile à toi, mais sera également tres important pour bon nombre de compagnes qui ont du mal à se libèrer de tout cela. Je suis navrée qu'apres tout ce que tu as investi pour ton compagnon, tu n'ai eu qu'une rupture en retour. mais au moins,cette declaration aura mis fin à une torture inutile.
On a besoin de toi sur ce forum, tu es, tout comme léa et forpapillon, une membre impliquée qui commençait à nous manquer.

A bientôt!
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Forpapillon


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Joined: 16 May 2012
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PostPosted: Sun 21 Oct 2012 - 20:02    Post subject: On my road again Reply with quote
Swan,

Je suis heureuse de te retrouver !!!! oui tu nous as manqué. je vois que nous sommes désormais dans le même bateau.
Nous avons largué les amares et avons dit be bye à cette dépendance.
Tout comme toi, j'éprouve encore le besoin de venir ici, car comme toi cette merde a pourri ma vie pendant trop de temps. Cette merde a occupé mes nuits et mes jours à me faire oublier qui j'étais et surtout que ce n'était pas moi qui avait un problème.
Il va nous falloir du temps, et c'est bien normal.
je suis contente de te retrouver plus forte, plus confiante.
je souhaite que ta nouvelle route sois belle, aussi belle que ton âme.
Comme tu le dis, la liberté est belle mais elle a un prix, tout n'est pas rose !!! en tout cas pour moi....mais je ne développerai pas ici!
je te souhaite plein de bonnes choses

@Betty, merci pour cette petite phrase qui me touche
courage les filles
_________________
un vrai homme est un homme capable de ranger sa fierté pour la femme qu'il aime.
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Sun 21 Oct 2012 - 23:18    Post subject: On my road again Reply with quote
Merci à tous et toutes pour vos messages qui sortent du coeur. 

 
Ce soir, je suis particulièrement triste, une vraie petite madeleine si j'ose dire. Certes, j'ai retrouvé ma liberté et j'ai laissé au loin la porno-dépendance mais j'ai aussi perdu l'homme que j'aimais plus que tout au monde. Il y a des moments où je me sens forte comme un roc et d'autres comme ce soir où la pierre s'effrite et laisse place aux regrets et à la tristesse. 

 
Il n'est pas si facile de sortir de là. Je ne suis plus dans le tourbillon certes mais je n'en suis pas ressortie indemne. Un jour j'ai écris dans mon ancien carnet que "j'avais tellement pleuré à cause de l'addiction de mon ancien compagnon que je nous avais foutu en rade d'essence en pleine autoroute". Je me rappelle ces mots lourds de sens qui me faisaient dire que j'étais le moteur de mon couple. Tout reposait sur mes petites épaules, je le soutenais dans cette addiction du mieux que je pouvais et avec tout l'amour que je lui portais. 

 
Aujourd'hui je dois sécher mes pleurs pour ne pas faire tomber en panne ma jolie petite 2CV. Elle n'a pas besoin de beaucoup d'essence pour avaler les premiers kilomètres que je lui ferai faire mais tout de même. Il me faut assez de carburant et d'énergie pour redémarrer sur la route de ma vie et faire mon petit bonhomme de chemin. Je dois avancer coûte que coûte. Ces huit mois de ma vie ne s'effaceront pas comme cela et j'aurais beau tracer la route, je n'oublierai pas. Mais je dois avancer du mieux que je peux pour aller mieux. J'ai envie de penser à nouveau à moi, j'ai envie de devenir mon propre moteur pour avancer. Je veux aller mieux, oui.   
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amalia


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Joined: 19 Jan 2012
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PostPosted: Mon 22 Oct 2012 - 18:49    Post subject: On my road again Reply with quote
Wink Ces huits mois ne s'effaceront jamais de ta vie, mais sur la route que tu empreinte aujourd'hui, il y a plus loin uns station d'essence, pour faire le plein de ta 2CV, tu reprendra la route, tu decouvriras des paysages merveilleux, des villages, des gens et un jours tu gageras ta 2CV, descendras car tu auras trouver la maison de tes reves.

Je te souhaite de rencontrer dans ton voyages, des rires, des fleurs, des couleurs, du bonheur.
Tu revis aujourd'hui ma belle tu vie, tu te sens vivre, ce n'est plus le souffle de la tourmente que tu entends et sens mais bien le souffle de ton coeur, et enfin ta belle âme va s'épanouir.

Je t'embrasse bien fort.

Merci d'être là, merci de nous faire partager ta belle âme.
_________________
Amalia
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Mon 22 Oct 2012 - 23:32    Post subject: On my road again Reply with quote
Des prises de conscience successives.  
  
Celles-ci me viennent les unes après les autres comme on enfilerait des perles sur un collier pour obtenir un ensemble cohérent.  
  
Je me rends compte avec notre séparation à quel point je me suis oubliée par amour ces trois dernières années. Oui, j’ai aimé plus que de raison, j’ai aimé à m’en rendre malade, j’ai aimé plus que je ne pouvais donner ; voilà le constat plutôt honnête que je suis en train de faire.   
  
Je commence aussi à me rendre compte qu’il en a été de même pour mon compagnon, que nous nous étouffions mutuellement l’un l’autre et que nous nous enfoncions dans une relation amour-souffrance-don de soi trop grand-oubli de soi conséquent. C’est lui qui s’en est rendu compte le premier, qui a commencé à se détacher, à se libérer, à prendre un chemin moins oppressant. 
  
Notre amour trop fort nous a enfermé dans des souffrances terribles où chacun a essayé de faire du mieux qu’il a pu par amour pour l’autre sans toutefois maîtriser la situation et se sentir véritablement heureux. 
  
Je regrette de m’en rendre compte seulement aujourd’hui. 
  
J’aime cet homme d’un amour si profond que cela m’a permis de fermer les yeux sur ma propre déchéance physique et morale, voilà la vérité. 
  
Je souffre beaucoup de cet amour perdu mais j’avance néanmoins. Aujourd’hui je me suis surprise à vouloir sortir ma guitare de son étui poussiéreux et à poser ma main sur des cordes dont j’avais oublié la force et la vitalité. Je ne suis pas allée jusqu’à l’accorder, c’était encore trop tôt, mais la première prise de contact avec mon instrument a eu lieu.  
  
D’autre part, je me redécouvre l’envie irrépressible d’écrire. Je pense que mes pavés en rebutent plus d’un ici mais je suis une fana d’écriture, oui. J’aime écrire toutes sortes de choses et je me remets à vouloir écrire à nouveaux des poèmes. Je n’y arrivais plus depuis des années, je n’en trouvais plus l’utilité. Mais j’aime cet exercice, j’aime cette recherche de mots et d’accords parfaits. J’aime cette recherche de rythme et de cadences à colorer de sensations à faire passer au lecteur. 
  
La porno-dépendance s’éloigne… Je ne me dénigre plus, je me trouve belle. Ce week-end, je me suis regardée pendant 5 bonnes minutes dans mon miroir et j’ai observé tous les grains de peau de mon visage. Je me suis amusée de mes petites « rides » au coin des yeux, je me suis plongée dans mon propre regard et je m’y suis presque perdue tellement je l’ai trouvé profond. C’est étrange, je ne suis pas narcissique pour un sous mais c’est comme si je me redécouvrais. J’ai envie de me mettre en valeur, de me trouver belle, de me sentir belle. Je ne veux pas séduire, non je veux ME séduire, ME plaire… C’est vraiment étrange oui, enfin, je n’en n’avais plus l’habitude. 
  
Je pense plus à moi, à ce que je vais faire de ma vie. Avec mon ancien compagnon, je me projetais dans ses rêves à lui, dans ses envies à lui. Désormais, je n’ai plus peur de partir à l’étranger, je n’ai plus peur de me lancer dans le grand bain de la vie parce que je sais que j’ai beaucoup à apprendre sur moi en allant découvrir d’autres mondes, d’autres vies, d’autres personnes.  
  
Mon histoire d’amour n’est pas un poids mais une magnifique chose que je garde en moi et qui me fait me dire que j’ai pu gravir des montagnes pendant ces trois ans. Cet amour continue de me porter mais de manière individuelle, personnelle. C’est comme si mon amour vivait encore en moi et me poussait à être heureuse, à chercher le bonheur propre. 
  
Peut-être ais-je besoin d’avancer toute seule pour le moment, en tout cas, cela a des côtés positifs que je n’imaginais pas. J’aurais aimé pouvoir cheminer de cette manière pendant que j’étais encore en couple mais cela ne s’est pas fait. Je n’avais pas l’expérience, pas le vécu, pas l’âge, personne ne me l’avait appris. Maintenant que je sais, je veux garder cela en moi. 
  
C’est très étrange tout çà, j’espère continuer sur cette voie et me redécouvrir encore et encore… 

 
(Très beau ton message Amalia, j'espère pouvoir te rapporter un beau bouquet de fleurs d'ici peu Wink )
 
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dynamite


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Joined: 11 Oct 2012
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PostPosted: Tue 30 Oct 2012 - 16:50    Post subject: On my road again Reply with quote
Je n'ai pas fini de lire ton premier carnet mais le fait de pouvoir redémarrer après est un message d'espoir.
Je n'ai pas encore assez de recul pour mesurer le courage nécessaire pour choisir de rester ou de partir. Je vais me poser une date limite au calme avec une liste de "pour" et de "contre".
J'extrait des phrases dans le forum et je me fais ma mozaïque
Je refuses que cela envahisses tout mais il ne faut pas se voiler la face non plus.
Ce que tu décrit résonnes beaucoup. 
A plus tard dans le cheminement
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dynamite
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Silver


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PostPosted: Fri 2 Nov 2012 - 23:16    Post subject: On my road again Reply with quote
Aujourd'hui j'ai vu mon père pleurer deux fois dans la même journée. Mon père, il faut savoir que c'est mon roc, mon socle et mon pilier à la fois. Je l'ai réconforté du mieux que j'ai pu du haut de mes 23 balais et je me suis surprise à le chercher du regard quand le sien était complètement perdu. Je cherchais à le regarder au fond des yeux pour le rassurer, lui signifier mon soutien et lui dire mon amour. C'était lui qui fuyait le mien, sûrement par fierté, par volonté de sauver les dernières apparences ou alors par besoin de masquer une vulnérabilité trop exubérante.     

    
Rien à voir avec la porno-dépendance me direz-vous. Au contraire, je me sentais capable, apte, en mesure de lui apporter toute mon aide, tout mon amour, tous les mots que je pensais être apaisants. Je me sentais forte, plus forte que lui, si fragile en ces moments rares. Je crois, cher auditoire, que je puise cette putain de force de mon combat contre la pornodépendance. Je suis devenue une vraie femme qui sait ce qu'elle veut, où elle va, ce dont elle est capable. De manière générale, je connais désormais mes forces, mes faiblesses, mes limites. Je mesure mes capacités, mes facilités, mes difficultés. Je suis en train de me transformer oui.    

    
J'ai donné tout ce que j'ai pu et j'ai fais du mieux que j'ai pu pour l'homme que j'aimais. Je me suis battue avec toutes les forces qui m'animaient et j'ai cherché si loin mes derniers souffles à ses côtés. Désormais, je connais ma force, je la mesure pleinement, je m'estime (trop?) sans me dévaloriser et je m'en étonne moi-même. On m'a toujours répétée (par flatterie, par soucis de faire ami-ami avec moi, par rapports de séductions, par discussions plus sincères) que j'étais incroyablement mature pour mon âge. Je ne sais pas pourquoi, mais maintenant j'en suis convaincue.    

    
Je ne sais pas vraiment si je dois considérer cela comme une bonne ou une mauvaise chose mais je crois que quelque part j'en suis fière. Je suis une personne très fragile mais avec une force incroyable dans les moments qui le demandent. Je réfléchis beaucoup (peut-être trop?) et j'ai l'impression d'apprendre de moi-même sur moi-même. Je n'ai jamais consulté de psy parce que quand j'y pense je finis toujours par résoudre mes problèmes de moi-même en me questionnant, en m'interrogeant et en avançant au gré de ma réflexion personnelle.    

    
Peut-être que cela fait un peu pompeux de lire tout cela et j'en suis désolée mais comment ne rien dire quand je m'aperçois que cette lutte de huit mois contre la porno-dépendance me rend mon statut de femme et me glisse "tu deviens une adulte" à l'oreille ? Je grandis oui. Peut-être était-ce trop tôt de vivre tout cela à 23 ans, oui sûrement. Est-ce que j'étais prête ? Non pas du tout. Est-ce que je pensais perdre l'homme que j'aimais dans ce combat ? Au début non, puis oui, puis non, puis oui au bout du bout. Est-ce que je regrette ? Non, "au grand jamais", "non rien de rien" ( Wink )... Je ne regrette pas ces discussions des heures durant à convaincre mon compagnon de porter un autre regard sur sa dépendance. Je ne regrette pas ces longues nuits d'insomnie à réfléchir aux opérations rondement menées du lendemain pour sortir la porno-dépendance de son terrier. Je ne regrette pas cette lutte, ces combats, ces victoires et ces défaites qui m'ont tant fait grandir. Je ne regrette rien de mon histoire de couple parce que j'ai avancé avec les cartes que j'avais en main et avec mon coeur qui me criait d'y croire plus que tout. Je ne regrette rien, je ne regrette pas de me retrouver là ce soir à me dire que la fille à son papa a eu la force de réconforter celui-ci du mieux qu'elle a pu.    

    
Je sors de là tellement plus forte. Je me sens pour la première fois de ma sortie de l'adolescence être une véritable femme. J'entame ma transformation adulte vers moi-même et vue d'ici çà paraît plutôt chouette oui !    
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Giller


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PostPosted: Sat 3 Nov 2012 - 09:33    Post subject: On my road again Reply with quote
C'est sur que ca endurcit cette expérience au final  Exclamation  Mais à quel p rix aussi ...
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Phoenicia


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Joined: 03 Jun 2012
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PostPosted: Sun 4 Nov 2012 - 01:00    Post subject: On my road again Reply with quote
Silver,


Quelque chose me dit que ta propre mutation finira par beaucoup aider l'homme qui partageait ta vie et plein de gens de ton entourage. Tu nous apportes déjà énormément ici ! Je t'envoie toute ma gratitude pour ta contribution. 
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Sun 11 Nov 2012 - 15:53    Post subject: On my road again Reply with quote
Bonjour à toutes et tous chers compagnons de route.    
     
Ces derniers jours j’ai beaucoup réfléchi ; Je me suis rendue compte que je n’avais rien à me reprocher, que j’avais fais tout ce qui était en mon pouvoir pour que mon couple fonctionne. J’ai énormément réfléchi oui. J’en suis arrivée à la conclusion que mon ancien compagnon ne pouvait pas continuer avec moi car il était totalement verrouillé, bloqué, prisonnier, de problèmes individuels plus profonds et donc à réparer. Je me rappelle ces premières incompréhensions que j’ai connues quand nous avons eu nos premières disputes ; je me rappelle ce vide entre nous, cette distance instaurée par ses soins, cette absence de mots qui « apparaissait » dans sa bouche quand nous nous disputions. Je me rappelle ce mécanisme de défense qu’il utilisait à chaque fois et qui m’a fait tant de mal. Je me rappelle ce vide au téléphone quand je le faisais « se sentir mal » selon ses termes. Combien de fois ais-je dû prendre des pincettes avec lui pour le faire redevenir humain, combien de fois ais-je dû le débloquer dans ces moments de disputes pour comprendre ce qui n’allait pas et savoir ce qu’il ressentait (?).    
     
Son comportement a été destructeur pour moi, je m’en rends compte seulement maintenant. Je me souviens ces fois où je l’avais blessé et où il ne souhaitait plus me parler et me laissait face au vide. Il me fuyait par lâcheté de m’affronter et parce que personne ne lui avait appris comment se « débloquer » par la parole lorsque l’on se sent triste et blessé. J’en veux à ses deux parents qui lui ont fait tellement de mal qu’ils ont cimenté son cœur. J’en veux à ses parents qui n’ont pas su le préserver de leurs problèmes personnels. J’en veux à ses parents qui n’ont fait que lui montrer l’image d’un couple qui ne discute pas, qui s’ignore et ignore la souffrance de l’autre, où chacun ne peut compter que sur soi pour s’en sortir (ou pas). J’en veux à ses parents de ne pas avoir « vu » qu’il emmurait son cœur pour ne plus rien ressentir, pour ne plus souffrir, pour se protéger. Je leur en veux tellement…    
     
Je comprends que mon ancien compagnon n’ait pas eu les bonnes clefs pour être heureux en couple. L’amour se construit avec les épreuves rencontrées par le couple et lorsque les épreuves sont contournées au lieu d’être dépassées alors on fait du sur-place, on ne peut avancer ensemble sur le long terme. Ce n’est pas un manque d’amour qui nous a séparés, pour moi c’est une incapacité à résoudre nos problèmes autrement que par la fuite. Oui il est plus facile de tout balayer d’un revers de la main en se disant que çà ne marche plus et qu’il existe quelque chose de mieux, plus facile et plus beau en apparences car moins ombragé ailleurs. Il n’a pas voulu se pencher sur le pourquoi çà ne fonctionnait plus malgré notre amour, il n’a pas voulu voir ma lente descente aux enfers pendant ces huit mois de couple et ne m’a pas rattrapée quand je flirtais avec la mort. Je pense que sa liberté doit avoir un goût amer aujourd’hui parce que notre histoire n’était pas finie et qu’elle elle s’est fracassée par sa fuite en avant vers une vie moins compliquée.    
     
Quand je l’ai rencontré, il n’allait déjà pas bien mais notre histoire lui a donné une certaine force je crois pour surmonter son mal-être. Mais je n’étais pas là tout le temps du fait de la distance et je me suis trouvée rapidement dans l’incapacité de l’aider à s’ouvrir à moi lors des premiers problèmes de couple rencontrés sur notre chemin. Si j’avais été là physiquement, j’aurais pu le prendre dans mes bras et lui glisser à l’oreille qu’il pouvait compter sur moi pour me parler en toute confiance. Mais je n’ai pas eu cette chance, je n’avais que mon téléphone et des mots « de loin » pour le convaincre de se débloquer, d’ouvrir les verrous et de se mettre à nu. Je n’ai pas pu, pas su, le faire s’ouvrir à moi malgré tout l’amour que je sentais en lui. Non, je ne suis pas en train de me monter un film romantico-dramatique de toutes pièces ; son amour, je l’ai perçu, je l’ai vu, je l’ai sentis, je l’ai ressentis… Je l’ai lu dans ses yeux verts, je l’ai lu dans ses larmes, je l’ai entendu dans sa voix fébrile et amoureuse. Je n’ai pas inventé, je n’ai pas « sur-investis » quoique ce soit. Je suis restée jusqu’au bout parce que je sentais tout cet amour derrière le verrou, je le voyais dans son regard, je le sentais dans sa main qui serrait parfois si fort la mienne…     
     
Il m’a perdue à petit feu en me mettant à l’écart, en me rejetant, en m’ignorant quand il était en souffrance. Sa porno-dépendance nous a détruits en m’achevant moi. Je n’ai plus eu la force d’être heureuse, de prendre soin de moi, de vivre pour moi quand je consacrais tout mon temps à le sortir du déni… Tout çà est un horrible gâchis j’en conviens.    
     
Maintenant, j’apprends à vivre pour moi, à me soigner moi, à me préserver moi. Moi je n’ai jamais eu de verrous, quand je suis triste je pleure, quand je suis en colère j’éclate, quand je pique un fou rire alors je me tords de rire. Je ne garde pas tout pour moi, je suis dans l’expression, dans le partage même avec ceux que je ne connais pas. Je suis vraiment fière de la personne que je suis devenue. Je suis une magnifique jeune femme qui aime la vie, qui désormais s’assume. Je suis incroyablement forte, non je ne suis pas une petite fille qui aime simplement les peluches et les bonbons, je suis bien plus que cela. Je suis une femme qui a lutté de toutes ces forces et qui a été le moteur de son couple pour soutenir l’homme qu’elle a aimé de toute son âme, de tout son cœur, de toutes ses tripes si j'ose dire. Je suis incroyablement fière de moi, oui…    
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dynamite


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Joined: 11 Oct 2012
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PostPosted: Sun 11 Nov 2012 - 17:07    Post subject: On my road again Reply with quote
Et tu as de quoi
Les épreuves que tu as traversées vont t'aider à avancer.
tu nous a toutes aidées par tes témoignages
courage à toi
quel que sera le chemin pour nous, partir ou rester tu es comme une ssoeur à laquelle on peut parler de tout ( je dois expurger ce que je dis à la mienne, elle ne pourrait pas comprendre)
bon courage
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dynamite
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Léa


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PostPosted: Tue 13 Nov 2012 - 10:06    Post subject: On my road again Reply with quote
Je t'embrasse ma petite Silver et j'admire le chemin que tu fais à l'âge que tu as.
Tu seras une grande dame, toute en sensiblité, en intelligence et en force.
Tu es magnifique.
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Wed 14 Nov 2012 - 19:49    Post subject: On my road again Reply with quote
Hier, je suis allée me balader dans la zone commerciale de ma ville pour prospecter sur du matériel informatique. Ma petite balade m'a remplie de nostalgie et de tristesse lorsque je me suis retrouvée dans des lieux que j'avais découvert et parcouru avec mon ancien compagnon. Je me souviens, il voulait m'aider à m'équiper d'une petite bibliothèque après mon déménagement et se portait volontaire pour m'aider à porter mon futur achat qui aurait été un peu trop lourd pour moi. Je me souvenais des chemins que nous avions empruntés, de ces herbes que nos pieds avaient froissées ensemble sous le poids de nos deux corps. C'était assez étrange et assez opressant en réalité. 

 
J'ai réfléchis encore une fois à notre relation de couple en rentrant chez moi. En ce moment j'essaie d'esquisser un bilan. Je suis assez en colère contre lui je crois. Je me remets aussi en question ; j'ai été très étouffante, sur-protectrice, toujours à m'inquiéter lorsqu'il sortait... Bref je l'ai sûrement étouffé oui, j'ai tout et trop donné, ne laissant guère de place à mon ancien amoureux de trouver la sienne... Je me suis posée la question de savoir ce qui m'avait fait prendre ce chemin avec lui (?) Je me rends compte que je flippais constamment, que je doutais constamment de lui et que çà lui faisait de la peine. Cela a commencé le jour où j'ai compris qu'il n'était pas prêt à tout lâcher pour vivre avec moi. Il me répétait en pleurant qu'il m'aimait plus que tout et qu'il souhaitait finir ses études avant de tout lâcher pour nous mais j'étais enfermée dans ma propre souffrance et je n'entendais rien d'autre. J'ai mis beaucoup de temps à accepter son choix, ses conditions, sa vision de notre avenir commun, oui. Puis il y a eu une période de transition, je me suis éloignée de lui pour ne plus souffrir, pour ne plus ressentir ce manque physique qui me faisait tant de mal. On s'aimait déjà si fort à l'époque, je me souviens d'une fois où je l'ai ramené au train, où j'ai remonté le long quai de la gare pour rentrer chez moi et où je l'ai entendu courir comme un fou pour venir m'embrasser une dernière fois. C'était sûrement ce qu'il assimile aujourd'hui à cet amour passion qui lui fait défaut, cet amour fou qui emporte tout sur son passage...
 

 
J'ai commencé à m'éloigner, lui s'est rapproché de moi au contraire. Il était doux, attentionné, en demande de tout ce qui venait de moi. N'arrivant plus vraiment à m'impliquer de peur de subir encore les affres de son absence physique, je le voyais triste de ma prise de distances, me disant que j'avais "changé, que j'étais plus froide, etc. Il semblait regretter de ne pas avoir dit "oui" à ma proposition de vivre ensemble, me disant vouloir me retrouver le soir en rentrant chez lui, semblant en "manque" de ma présence. Je pense qu'à cette époque je l'ai fais beaucoup souffrir mais je me protégeais, je voulais me détacher de lui pour que son absence ne me tue pas... Il faut savoir que le manque de lui m'avait fait entrer quelques mois plus tôt dans une très grosse période de dépression, une dépression qui m'a fait parfois rester des journées entières dans mon lit, me levant tantôt pour aller piquer un sachet de chips à grignoter, tantôt pour aller aux WC évacuer le peu d'eau que j'avais ingéré, tantôt pour étenindre ma télé que j'allumais pour avoir un simple bruit de fond. A distance, il ne pouvait malheureusement rien pour moi, il avait beau me réconforter au téléphone et pleurer avec moi, j'ai sombré doucement... Le manque physique m'était insupportable, son odeur, son contact, son regard sur moi me manquaient trop...
 

 
Les choses sont rentrées dans l'ordre progressivement, il était très présent et très soucieux de mon mieux-être. J'avais des cours à suivre et des examens à passer. Nous avons ensuite profité des grandes vacances pour nous retrouver pour notre plus grand bonheur. Le temps a fait son oeuvre, nous nous sommes retrouvés petit à petit toujours très amoureux je dois dire. Nous avons fêté nos deux ans ensemble et puis j'ai changé de ville, je le voyais moins, nous avions chacun nos vies individuelles d'un bout à l'autre de la France.
 

 
Et puis il y a eu cette découverte de sa porno-dépendance. Je savais qu'il regardait du porno et sur internet je suis tombée sur un article qui m'a fait me poser des questions. Comme il m'avait expliquée que ce n'était pas un problème pour lui d'arrêter pour ne pas me faire de peine, je lui ai demandé s'il en regardait toujours... Réponse positive bien sûr.
 

 
Au début je ne savais pas du tout dans quoi je m'engageais mais même si on m'a prévenue ici dès mes premiers posts, je n'ai pas écouté, je me suis lancée dans le combat. Et puis progressivement, je me suis sentie mourir à nouveau, j'ai senti mon coeur se briser à nouveau en petits grains fébriles et dispersés. M'attaquant à plus gros que moi cette fois-ci, je n'ai pas supporté... Je me suis éteinte à petit feu, blessée par son rejet, sa distanciation, sa non-compréhension de ma douleur. Il était dans une forme de déni très profonde et rejetait tout en bloc, disant que "çà lui passerait avec le temps". La porno-dépendance m'a alors volée mon statut de femme qui était en pleine construction. Je ne me sentais plus belle, je ne me sentais plus désirable, je ne me sentais plus rien du tout... Je n'existais plus quand la porno-dépendance était plus forte que notre amour et lui ôtait toute sa raison. J'ai quand même continué à me battre comme lui s'était battu si fort pour moi un an avant quand son absence m'avait mise au fond du trou. Oui, putain, j'ai puisé en moi tout ce qu'il me restait de forces et j'ai lutté, lutté, lutté. Je l'ai confronté (mon homme), je l'ai mis face à ses responsabilités, je lui ai montré le visage noir de cette dépendance. Je lui ai expliqué, j'a argumenté des heures entières, je l'ai imploré de se défaire de cette dépendance... J'ai tout donné, j'ai tout fait pour qu'il redonne un sens à la notion de liberté. Qu'est-ce que la liberté sinon de ne pas être l'esclave de pulsions, d'envies, d'un 2ème "vous" qui vous entraîne dans les abysses les plus sombres..?
 

 
A côté de cela, je me suis fait prendre à mon propre piège, je suis devenue moi-même l'esclave de ma lutte contre la porno-dépendance. Je me suis oubliée de bouts en bouts, je voulais mener ce combat à terme pour lui, pour nous, mais aussi pour moi, pour me prouver que je pouvais l'abattre. Je crois que j'ai réussis mais à quel prix ? Alors qu'il y a deux mois j'étais la plus heureuse de toutes les femmes quand mon compagnon me regardait dans les yeux avec des larmes chaudes me disant combien il m'aimait et combien il s'estimait le plus chanceux de m'avoir, je me retrouve aujourd'hui avec des morceaux de nous entre les mains.
 

 
Je ne comprends pas... Je ne comprends plus... J'essaie d'être forte je vous jure mais putain qu'est-ce que c'est dur. Comment cet homme avec qui j'ai traversé tant d'épreuves, cet homme qui a courru avec ce grain de folie pour me donner ce dernier baiser sur le quai de la gare s'est-il évanoui ? Comment a-t-il pu m'écrire ce mot si beau sur mon carnet et m'appeler "sa femme" au yeux de tous pour me faire croire ensuite que ses sentiments n'étaient qu'une forme d'attachement sans nom ? Je n'y crois pas, il n'y a aucun, non aucun dépendant, ici, à ma connaissance, qui n'ait écrit de message si beau et si sincère...
 

 
En trois séances de psy, j'ai perdu nos trois ans et des poussières de couple. Il a mis un voile sur ses sentiments et s'est auto-convaincu qu'il était simplement "attaché" à moi. Je l'ai senti partir mais je n'ai pas eu la force de le retenir par la main, mon combat contre son addiction m'avait épuisée... Aujourd'hui je n'y crois toujours pas, non je n'y crois pas, vraiment pas ! On pourra me dire que je me fais des films, que j'invente, que je suis en "craquage total" mais je vous jure que non... Je vous jure que cet homme m'aimait comme un fou, que ses yeux ne m'ont jamais fais penser le contraire, oui que ses yeux me lançaient constamment des décharges amoureuses et que nous étions remplis d'une tendresse infinie l'un pour l'autre... C'est comme si j'avais vu son coeur battre pour moi et qu'il l'avait mis sous cadenas pour ne plus rien ressentir et avancer de son côté, seul. Peut-être avait-il besoin d'avancer, oui sûrement, mais en niant tout en bloc, tout son amour, tout notre chemin comme çà, je ne comprends vraiment pas...
 

 
Il y a des jours où je me crois être dans une sorte de cauchemar et j'espère que je vais me réveiller. J'espère retrouver le creux de son bras dans lequel j'aimais m'endormir le soir, j'espère retrouver sa main dans mes cheveux bouclés, j'espère retrouver ses yeux pétillants d'amour à en faire rougir les miens... J'espère parfois le trouver sur mon chemin en rentrant chez moi, j'espère le retrouver devant ma porte d'appartement pour me dire combien il a merdé sur ce coup et combien il m'aime... Mais ce n'est qu'un doux rêve...
 

 
Et puis je vois cette porno-dépendance dans le coin de la pièce, je la vois partout où je vais et je vois qu'elle me fixe de ses yeux jaunâtres et cyniques. Chaque jour qui passe, je prends ma revanche sur elle, j'avance vers ma vie adulte, je me réapproprie ma vie de femme et j'essaie d'en être le plus fière possible... Et je me rappelle aussi ces mots dans la bouche de mon compagnon après sa première séance de psy. Je me souviens de ces deux mots attachement/déttachement ; Ce sur quoi la psy voulait le faire travailler. Je me dis que oui après tout c'est un peu lui "tout craché" tout çà ; lui qui peut être si distant à détourner la tête quand vous pleurez pour se protéger de la souffrance de l'autre mais aussi celui qui peut vous prendre dans ses bras 5 minutes plus tard pour vous dire combien il vous aime.... Alors reste à savoir combien de temps vont durer ces 5 minutes... 5 mois ? 5 ans ? je n'ose le dire mais serait-ce pas 5 minutes interminables? J'ai si peur....
 
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Giller


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Joined: 18 Apr 2012
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PostPosted: Wed 14 Nov 2012 - 22:09    Post subject: On my road again Reply with quote
Envie de parler mais ne sais pas quoi dire  Neutral  c'est beau et affreux en même temps tout ça, un pornodépendant a du mal avec les affaires de coeur, je te souhaite du mieux quand même aparemment le célibat te va pas.
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oups71


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Joined: 12 May 2011
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PostPosted: Thu 15 Nov 2012 - 01:19    Post subject: On my road again Reply with quote
Silver, tu verras le bout du tunnel. C'est certain. Le temps arrange tant de chose. 
Je sais comme toutes ici ce que tu vie, tu traverses. C'est moi qui ai quitté mon homme, mais j'ai traversé aussi les mêmes tourments. Ce manque de l'autre. 
Il y a peu , les docs m'ont annoncé que j étais perdue. Imagine le choc. Pourtant je suis la , même si pour eux c'est incompréhensible , que je suis un sujet d étude ou comme ils me surnomme "trompe la mort""" etc etc. Je suis encore la. Je subis des opérations , des trucs pas cool , mais je suis la. 
J'ai trouve un autre combat, le mien , ma vie.  J'ai appris à regarder Autour de moi qui ne soit pas lui ,À penser à ceux qui me sont proche. je viens d'avoir 49 ans , et je pense être une très belle femme , sans prétention lol. 
Tu sais ce qui ma donne cette force , cette rage à lutter? Mon petit fils de 6 ans qui ma dit texto """" dit mamie tu ne vas pas mourir , je t'aime de trop fort dans le ciel et dans les étoiles , je serais de trop triste""" et ça en larmes. 
Je lui ai promis de faire ce que je peux. Mais de me battre. 
Alors tu vas toi aussi trouver cette force que nous avons tous en nous. Celle qui déplace des montagnes. 
Avec le recul , je me dis que moi aussi tout comme toi j'ai  trop donné pour cet homme , me suis oubliée , mais total. Mon corps ma rappelé à l'ordre et méchamment même. On ne peux pas vivre de telles épreuves sans casse. Mon homme ma détruite, car je l'ai laissé le faire. À vouloir le changer, à vouloir gagner sur les vidéos, mon dieu quand je pense à cette période , je n arrive pas a croire que j'ai été cette femme. Brrrrrr. 
Je le vois toujours, tout comme toi je sais qu'il m'aime, et terriblement ,les regards , les caresses , les attentions, j avais pareil. Pourtant j'ai du un jour choisir. Lui avec les vidéos ou moi et ma santé. J'ai choisi.  
MOI.
Tu as un don pour écrire, pour transmettre tes ressentis. Écris . Sors, bouge toi et vie ta vie . 
Ta vie.
Enfin tout ça pour te dire qu'il ne faut jamais , mais jamais baisser les bras et se manger le foie avec les souvenirs et les regrets. 
Je te souhaite bien du bonheur pour la suite. 
Et si tu permets. Gros bisous. 
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oups
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Léa


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PostPosted: Fri 16 Nov 2012 - 14:42    Post subject: On my road again Reply with quote
Ma petite Silver,

Ton dernier message est une plaite lancinante qui résonne douloureusement en moi comme ne nous toutes....
Je prends aujourd'hui le temps de t'écrire en MP parce que c'est trop personnel.
Tu es une personne comme il y en a peu compte tenu de ton âge.
Nous voudrions tant t'aider....
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Sat 17 Nov 2012 - 15:26    Post subject: On my road again Reply with quote
Merci à tous les trois pour vos messages respectifs.      

     
Giller, le simple fait de savoir que tu me lis encore et que tu sois capable de mesurer les dégâts qu'à engendré cette addiction terrible sur ma vie me fait du bien. J'ai ainsi l'impression que tout cela n'aura pas été vain et que certains ici pourront se rappeler de mon histoire par moments et même peut-être s'appuyer dessus pour ne pas réaliser et répéter les mêmes erreurs (compagnes et porno-dépendants vis-à-vis de leur compagne). Si par mes mots et mes textes, j'ai pu vous toucher et vous faire prendre conscience à quel point tout cela peut faire mal sur nos vies d'hommes et de femmes alors je considère cela comme une belle victoire.     

     
Oups, sache que je t'estime beaucoup et que je suis heureuse de savoir que tu es toujours en vie. Comme tu le dis si bien, ce pan de nos vies a été destructeur dans la mesure où nous nous sommes oubliées totalement pour mener un combat qui n'était en fait pas le notre. Je te souhaite ma chère Oups une vie à toi, une vie magnifiquement belle et éprise de liberté. Je te souhaite d'être entourée de l'amour de tes proches et de ta famille. Et quoiqu'il en soit, je crois que tu portes toujours en toi cet amour pour ton ancien compagnon ; Tu sais qu'il t'aime profondément et je pense que c'est une arme de plus qui te fait tenir debout aujourd'hui...     

     
Léa, ma très chère Léa, je ne t'ai jamais vue mais j'ai l'impression que tu es un membre de ma famille à part entière. Tu es à la fois un exemple et mon prolongement. Tu es plus âgée et tu me montres d'une certaine façon la route à suivre. Oui nos routes sont toutes différentes mais toi tu me montres que la porno-dépendance n'est pas une fin en soi et qu'elle peut être dépassée. En partie grâce à toi je sais que l'amour a beau être plus fort que tout, la porno-dépendance peut quand même prendre le dessus en raison d'autres paramètres qui ne dépendent pas de nous. Aujourd'hui grâce à toi, je sais que ce n'est pas notre amour qui a perdu face à la porno-dépendance...     

     
Chers amis, j'avance je dois dire. J'ai cette impression étrange d'avoir pris 10 ans de maturité en plus dans la gueule - pardonnez moi le terme - et que je suis aujourd'hui plus forte que jamais. Ma rupture amoureuse m'a fait beaucoup réfléchir sur moi-même et j'en suis arrivée à la conclusion que je suis une femme vraiment unique. A 23 ans, je me trouve intelligente, curieuse, ouverte aux autres et à l'Autre, sensible en tous points, à l'écoute, réfléchie, optimiste, ambitieuse, naïve mais réaliste tout de même et toujours d'un naturel très rêveur qui me colle à la peau. Je suis heureuse d'avoir gardé ce trait de caractère, on pourrait penser que la porno-dépendance a fait voler en éclats tous mes rêves et que je suis désormais une femme amère qui se méfie de tout. Au contraire, je suis toujours aussi rêveuse avec un brin de naïveté dans le regard que je porte sur tout ce/ceux qui m'entoure(nt).     

     
Je suis en train de rêver en ce moment à un futur voyage que j'ai envie de faire depuis longtemps. Avec ma situation de couple, j'avais complètement laissé cela de côté et là je commence sérieusement à y repenser. Ce que tu dis Oups me fait plaisir, en effet j'adore écrire et cela depuis toujours. Lorsque je n'était qu'une petite gamine et que les profs demandaient de nous décrire sur un quart de page format A4 j'inscrivais dans "futur métier souhaité" ; "écrivain". J'étais un peu honteuse d'écrire cela et je cachais ma réponse de la main car à mon échelle cela aurait pu sembler très prétentieux mais j'ai toujours adoré écrire... Quand je n'étais qu'une enfant, ma maman me poussait à m'exprimer par tout un tas d'activités artistiques. Je dessinais beaucoup et d'un ccoup de crayon assez aiguisé je trouve (que j'ai depuis perdu), je créais ensuite des mini-livres avec une histoire (des dialogues) et des illustrations soignées. J'allais à la bibliothèque toutes les semaines pour emprunter des livres et en récupérer de nouveaux. Des livres d'enfants, je suis passée aux romans fantastiques d'adolescents puis je me suis plongée dans mes manuels scolaires en délaissant la litterature.   

     
Je me souviens ; au début de ma relation avec mon ancien compagnon, je lui avais écris un très beau poème (avec des rimes intérieures et tout le tin-touin), un jour je lui ai glissé que j'aimais écrire des poèmes, il m'a alors lancé qu'il était très critique vis-à-vis de tous "ces gens" qui se lancent dans une écriture plutôt moyenne... Blessée par cette remarque, je ne lui ai jamais donné ce que je lui avais écris et cela m'a ôtée toute envie de lui écrire d'autres choses à l'avenir. Il n'avait même pas souhaité voir ce que j'avais dans le ventre à ce niveau là, je trouve çà vraiment con de sa part avec le recul.     

     
J'ai réalisé que mon ancien compagnon recherchait auprès de moi de la tendresse, de l'écoute, de l'attention, une présence. Sa vie était un vrai champ de ruines où régnait en maître la solitude en réalité. Ces parents ne lui ont jamais appris ce qu'était l'amour, ils ne lui ont jamais montré, ils ont vraiment tout foiré... Il s'est construit une armure et s'est enfermé dans sa forteresse ; manques affectifs comblés par les jeux et le porno, protection des raffales sur sa personne par un déttachement qui feignait parfois l'indifférence et par une mise à distance de tout ce qui pouvait briser son armure. J'ai connu deux hommes dans cette histoire ; mon chéri tendre, doux, attentionné, soucieux de mon bien-être, heureux à mes côtés et l'Autre ; un homme froid, distant, méchant, incapable d'entendre votre souffrance et de présenter ses excuses...     

     
Je suis restée pour cette partie de lui qui était amoureuse de moi. Je suis restée pour cette moitié qu'il m'offrait parfois avec tout son coeur et tout son amour. Mais l'Autre a repris le dessus en me faisant tellement de mal que j'ai arrêté de me battre et de chercher en lui le meilleur. Quand il m'a balancée la dernière fois au téléphone son monologue horrible sur le fait de ne pas m'aimer, d'être davantage lui-même sans moi  et bien j'ai abandonné le navire, je l'ai laissé partir... Un jour où j'avais encore la force de me battre pour lui, je me souviens que nous étions restés au téléphone toute une soirée et pendant toute la soirée j'avais essayé de le "ramener à la vie". Il était froid, distant, terriblement blessant parce-qu'il me cachait des choses et me mentait à cause de son addiction. Je lui ai dis que je serais toujours là pour lui, que je le comprenais plus que personne et que jamais je ne le jugerai. Je lui ai parlé avec tout mon amour et avec une tendresse dont je ne connaissais pas l'existence. Ce soir là, il est redevenu le meilleur de lui-même, s'est confié à coeur ouvert, s'est mis à pleurer en me demandant pardon d'avoir douté de nous et m'a dit qu'il fallait que je sache qu'il y aurait toujours deux personnes en lui...     

     
Le plus dur est d'avoir laissé cette partie de lui qui m'aimait plus que tout au monde et de l'avoir laissée entre les mains de l'autre moitié qui était en train de prendre l'ascendant. Je ne sais pas si elle survivra face à tant de froideur, de distanciation, de négation de soi-même... Il y a des jours où je me sens coupable et où j'ai l'impression d'avoir échoué. Mais je sais malgré tout que cela n'est pas de ma faute. Je sais que ce sont ses parents qui ont fabriqué cela chez lui. Je sais que ce n'était pas/plus de mon ressort de réussir à délivrer cette partie de lui qui m'aimait comme on aime rarement dans cette vie...      

     
Ce n'est pas et ce n'est désormais plus à moi de le pousser à aller au fond des choses, à regarder ce qu'il se passe en dessous des remous de son âme et à trouver ce qui s'y cache. C'est à lui de faire cette découverte, cette démarche, cette introspection ; c'est à lui de trouver les clefs qui ouvriront enfin le passage à ses ressentis, ses émotions, ses sentiments pour circuler librement en lui...     

     
Je pense que pour moi, cela va aller de mieux en mieux, je me reconstruis doucement et je retrouve mon propre chemin. Mon amour pour lui ne me quitte pas et ne me quittera jamais mais mon coeur est en tout petits morceaux qu'il me faut recoller. Je dois avancer pour moi-même et j'ai en ce moment d'autres problèmes personnels à régler. Je crois avec le recul que cet homme n'était pas prêt à "aimer" ; ne sachant pas comment se délivrer et comment rester lui-même à la fois. Son combat ne fait que commencer, le mien contre la porno-dépendance s'achève à l'inverse...     
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Mon 19 Nov 2012 - 14:08    Post subject: On my road again Reply with quote
En ce moment mon carnet m'est vraiment d'une aide précieuse ; il me permet de formuler mes ressentis et mes émotions ce qui m'aide à mettre des mots sur mes incompréhensions, mes regrets et mes envies nouvelles.  

 
Aujourd'hui, je ne sais pas pourquoi, je me suis rappelée d'un moment où j'étais avec ma soeur en train de discuter sur son lit. Elle était sur l'ordinateur et moi je papotais tranquillement avec elle, la tête sur son épaule. Mon portable a sonné ce jour là, j'avais reçu un message très beau et mon visage a dû s'éclairer car ma soeur m'a aussitôt demandée ce qu'il se passait piquée par la curiosité. Je me souviens oui d'avoir reçu un sms où mon ancien compagnon me confiait "être retombé amoureux de moi" après les quelques jours merveilleux que nous venions de passer ensemble... 

 
Ce moment bref mais magnifique est une de ces preuves que je garde dans mon coeur pour ne pas croire les propos de mon ancien compagnon au moment de notre séparation. Celui-ci a voulu me faire croire qu'il ne m'aimait pas et qu'il était simplement attaché à moi mais si sa psy ou lui s'en sont convaincus, ils n'auront fort heureusement pas eu le pouvoir de me faire oublier ce que nous étions, ce que nous formions, ce que nous ressentions l'un pour l'autre. 

 
Tous ces moments forment aujourd'hui un ciel de petites étoiles dans mon coeur que je ne souhaite pour rien au monde oublier.  

 
Oui, il y avait bien deux personnes en lui, j'en suis désormais certaine. Il y avait cet homme qui m'aimait plus que tout et qui laissait sortir son coeur de sa cage en fer forgé dès que nous nous retrouvions. Et puis il y avait l'Autre, celui qui se suffisait à lui-même, celui qui m'oubliait plus ou moins consciemment, celui qui n'avait besoin de personne et qui se mentait à lui-même sur sa véritable nature humaine. Je n'ai pas rêvé, c'est plutôt rassurant je dois dire ; Je ne suis pas folle, je ne suis pas schizofrène, NON. Ses mots, ses regards, ses caresses, ses bras autour de moi étaient bien réels. Son amour a toujours été là aussi... S'il retombait amoureux de moi en me retrouvant c'est bien parce qu'il devenait quelqu'un d'autre en mon absence... Même si cela peut remplir d'effroi, cela me fait vraiment un bien fou de m'en être rendue compte. 
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amalia


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PostPosted: Mon 19 Nov 2012 - 20:20    Post subject: On my road again Reply with quote
Tu as une très belle plume, tu sais exprimer tes ressentis avec beaucoup de délicatesse.

J'espère qu'il reprendra ses esprits, que le travail qu'il effectue avec son psy le ramèneront à la raison. Il a peut être besoin pour l'instant de se persuader qu'il ne t'aime pas pour mieux se reconstruire. je ne sais pas, mais de ce que tu décris de lui il est certain qu'il y avait beaucoup d'amour.

Cette dépendance malheureusement écrase l'humanité qu'il y a en eux.

Je te lis et à chaque post je te sens grandie, plus forte, plus puissante.

Tu es une jeune femme très courageuse, respect !!!!

Tu sais samedi j'ai vu une 2 CV et j'ai pensé tout de suite à toi, j'espère que tu feras ce voyage qui te tient à coeur.
Prends ta 2 CV, roule, roule vers des paysages et décris nous ce que tu vois, ceux que tu rencontreras.
Sur cette route je te souhaite de rencontrer du bonheur, des rires, des chants, du soleil.

Je t'embrasse.
Merci pour ce magnifique partage.
_________________
Amalia
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Silver


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PostPosted: Tue 20 Nov 2012 - 21:31    Post subject: On my road again Reply with quote
Merci Amalia de ton petit mot et de ton éclairage. J'ai réfléchis hier soir à ce que tu m'as écris ; cette idée qui consisterait à penser que mon ancien copain se soit auto-convaincu qu'il ne m'aimait pas pour mieux continuer sa route et se reconstruire. Je crois en effet qu'il y a une certaine part de vrai là dedans et que c'est une possibilité en effet. En ce moment, maintenant que le choc de notre rupture est plus ou moins digéré, j'essaie de trouver des explications à son comportement. Plusieurs choses ont donc été identifiées au cours de ma réflexion, de la remise en forme de mes souvenirs:    

    
1- Je me suis rendue compte tout d'abord que nous étions lui et moi dans notre bulle d'amour et que celle-ci nous empêchait de nous réaliser individuellement en tant que personnes distinctes ce qui ne nous permettait pas d'être véritablement heureux.     

    
2- Deuxième chose, il avait un rôle d'enfant parce que c'est moi qui organisait les choses que nous devions faire ensemble, parce que c'est moi qui lui apprenait comment gérer nos conflits, parce que c'est lui qui faisait la gueule et moi qui devait faire l'effort de lui parler pour pousser vers la sortie son "2ème Lui" incapable de ressentir la moindre émotion Avec son addiction, cette relation s'est encore plus accentuée du fait que je doive endosser le rôle de la femme qui gronde, qui fait la morale, qui enseigne que "le porno c'est mal". Bref, çà m'a encore plus donnée une position que je n'aurais jamais dû avoir.    

    
3- J'ai réalisé qu'il y avait 2 personnes en lui. Petite anecdote mais pas des moindres ; il se plaisait quelques fois à imiter "Gollum" personnage du Seigneur des Anneaux. Ce personnage est double dans la mesure où il a un bon fond (issu de sa vie humaine) mais aussi parce qu'il est soumis au pouvoir de l'anneau et qu'il en devient l'esclave et que tout son libre arbitre est remis en question. Gollum peut donc être aussi infecte que sympathique (sympathie relative tout de même). Mon ancien compagnon était pour sa part l'esclave de sa dépendance au porno et aux jeux vidéos. Quand nous étions ensemble, c'était le plus doux, le plus attentionné, le plus tendre des hommes. Quand nous retrouvions chacun l'un et l'autre nos vies individuelles, je comptais ses sms, je n'avais jamais l'occasion de le voir prendre des initiatives nous concernant, etc, etc. A chaque fois donc, je passais de superbes moments à ses côtés (complicité au rdv dans tous nos moments à deux, tendresse infinie entre nous, fous-rires partagés, relations sexuelles vraiment fortes, etc, etc.) et je me retrouvais ensuite en rentrant chez moi face au vide. Vide physique, vide affectif, vide tout court. Il n'était plus le même, il n'était plus mon homme mais un mec qui fait sa vie de son côté avec tout l'égoïsme que cela implique.    

    
4- J'ai reconstitué l'histoire, si nous avons rompu, c'est suite à une séance avec sa psy. Séance où elle lui a recommandé de ne plus me dire quand il rechutait (histoire de ne pas se sentir coupable et de ne pas devoir me faire face ce qui le mettait dans un triste état, j'en conviens) et où elle lui a proposé la liberté comme LA solution à tous ses problèmes. Oui après cette séance, j'ai eu droit à "le couple c'est des contraintes, des compromis. Tu es chérie la source de mes plus gros problèmes", etc, etc... Il y a eu ensuite ce dimanche de septembre que j'ai passé en sa compagnie. La journée s'est super bien passée, à la fin, je lui demande si çà va aller pour nous (ben oui il ne prenait jamais l'initiative de parler des choses qui fâchent), là il me déballe ce qui s'est passé à la séance psy. Il me dit qu'il veut désormais effectuer sa dernière année à l'étranger sans moi et qu'il veut expérimenter sa vie, que çà lui ouvre le chemin de la liberté, que le porno il n'y pense plus... Je pleure mais je le regarde au fond des yeux et je vois combien cela compte pour lui. Je lui dis que je l'aime, que je veux qu'il soit heureux. Je lui glisse que pour être un bon copain il faut qu'il soit heureux. Des larmes coulent de ses yeux, il me dis "je t'aime, tu sais" et il me caresse le visage... Il m'explique aussi que sa psy lui a conseillé que l'on vive séparémment après son retrour de l'étranger. Il m'avoue qu'il n'est pas d'accord et qu'il ne veut pas cela pour nous. Je le crois.    

    
Voilà mon dernier souvenir. Enfin le dernier souvenir assez fort. Le dernier c'est celui du lundi matin où il est parti en cours et que je me suis levée pour l'embrasser sur le pas de la porte pour lui souhaiter une bonne journée. C'était notre dernier baiser, si j'avais su, je l'aurais sûrement mieux savouré...    

    
5- Je trouve qu'il a été terriblement lâche. Au lieu de me dire qu'il avait besoin de se reconstruire et qu'il voulait avancer seul, il s'est coupé de moi en ne m'appelant plus, en ne m'écrivant plus, en me répondant que "çà allait" quand je m'inquiétais pour nous... Il a essayé de me faire croire qu'il ne m'aimait pas parce que c'était certainement plus facile pour lui de s'en convaincre pour "être libre". J'étais sa seule attache, la seule personne pour laquelle il a laissé sortir (parfois) son coeur de sa prison d'acier. C'était plus facile de continuer sans moi.    

    
Voilà, je suis lucide. Je suis honnête. Je méritais mieux. Je me suis battue pour une moitié de lui que je souhaitais voir prendre l'ascendant sur l'autre. En est-il capable ? Je lui souhaite car ne rien ressentir, ne rien laisser filtrer sur ce qu'il est au fond de lui, se couper de ceux qui l'aiment n'est pas une manière de progresser. Il n'a rien compris ; la vie se construit par les autres et par ce que nous sommes en mesure de partager avec ceux qui nous entourent. Son monde c'est le virtuel, les jeux, le porno, les dessins et pas les vraies personnes avec de vrais sentiments. C'est franchement triste...    



 
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Giller


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PostPosted: Tue 20 Nov 2012 - 23:17    Post subject: On my road again Reply with quote
J'envie ce genre de magie dans les moments que tu décris, merci de me rappeler la beauté de ces choses-là. On peut pas être contre toi vu tes arguments, c'est un peu lache mais en même pouvait-il faire mieux ?


Dans ma pire année, dans ma seconde les autres me mettaient à l'écart, pour rester correct, j'avais un ami, encore plus stigmatisé que moi, j'étais déjà à fleur de peau, il ne comprenais pas mon désir de l'aider pour pas qu'il se fasse manger, je ne voulais plus subir plus parce-que j'étais avec lui, pas capable, pourtant je l'aimais bien. Plutot que de l'insulter ou de mettre les points sur les i j'ai cherché à m"carter de lui, de manière douce, sans déchirure, !j'avais assez de choses qui me faisaient mal, la manière lache. Au final je lui ai fais beaucoup de mal parce-que lui n'a rien compris, et c'était pitoyable tout ça. Depuis je me suis excusé, il n'empeche que ta situation me rappele la mienne, je ne pouvais pas faire mieux que ça. Peut-être que lui non plus ne se sens pas la force d'être plus concis, d'une part parce-qu'il se sépare de son amour, d'autre part parce-qu'il est encore dans la bulle pornodépendante peut-être, il suffoque. La manière douce, ou lache, la plus facile, je dis pas au revoir, j'évite juste. Après ça a peut-être rien à voir aussi ... dans ce cas tu peux me botter les fesses  Arrow
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Se sevrer, s'offrir une vie
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amalia


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PostPosted: Wed 21 Nov 2012 - 10:11    Post subject: On my road again Reply with quote
Il est plus facile pour certains de se voiler la face, de vivre dans un monde virtuel car ainsi ils ne subisent pas, ne sont responsable de rien, même pas de leurs erreurs. Ils controle .
Alors que dans la vrai vie, rien n'est acquis, que chaque acte à des conséquences , que l'on peux faire le bien comme le pire, qu'il est difficile de vivre avec soi même parfois simplement.
J'espère que sa psy le guidera au fond de lui même, pour qu'il trouve le declencheur qui à fait de lui cet homme qui preferait se cacher de lui même .

Tu as tout donné par Amour ma belle, il lui faut le temps de grandir pour comprendre la chance qu'il a eu de te connaitre et du don de ta personne que tu as fait. J'espère qu'il ne prendra pas trop son temps car sur ta route tu peux rencontrer une belle personne qui t'acceuillera dans un ecrin pour t'aimer et te proteger.

Je t'embrasse
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Amalia
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oups71


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PostPosted: Thu 22 Nov 2012 - 02:44    Post subject: On my road again Reply with quote
Tu te trompe. Je l ai vu ce soir , et je le regardais en me demandant comment j'ai pu supporter un tel calvaire. Je sais qu'il m aime , mais moi de mon côté c'est vraiment termine. Je n éprouve plus d amour , tout au plus de la pitié , c'est pire. Il peut faire ce qu'il veut , visionner à en devenir fou. Cela ne m atteint plus. Ce n'est pas un système de protection, non , juste .......rien. 
Il y a un point de non retour. J'ai eu la chance dans mon malheur , c'est de ne pas vivre avec lui. 
Je pouvais partir au propre. Oui c'est ça. Le laisser et de nouveau me sentir propre. 
J'ai un lourd combat à mener, mais je suis sereine, calme, apaisée. 
Je me suis remis à mes pinceaux, mes sculptures. J'ai un temps fou pour crée. 
Plus ce boulet à trainer. 
Il y a une vie après ce genre d expérience. Si je dois avoir un regret, se serait de ne pas être partie plus tôt. 
Le masque de prince , de l homme. Bon , amoureux, gentil etc etc et bien il s est brise. Je le vois tel qu'il est. 
Faible, perdu et au final je me suis rendu compte  qu'il était dépendant de moi. Plus il me faisait du mal , plus il était fort, l abnégation envers lui de l'avoir autant aime le valorisait. Il avait la toute puissance. 
Sauf que voilà , c'est bien fini. 
Il y a une chose que nous avons toutes en commun et qui maintenant avec le recul me saute aux yeux..
À vous lire et me relire, ils sont tous pareil. Idéal sans porno. 
Je pense que c'est nous qui les voyons ainsi et que la réalité est tout autre une fois le pieds de nouveau sur terre. 
Une chose est sûre , plus jamais un homme ne me fera revivre cette horreur. Plus jamais. 
Bon courage à toutes celles qui sont encore dans cet galère. 
_________________
oups
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Thu 22 Nov 2012 - 09:55    Post subject: On my road again Reply with quote
Beaucoup de choses dans vos réponses. Je vais commencer par ce que tu dis Oups ; je peux comprendre ce que tu dis Oups sur le fait de ne plus aimer ton ancien compagnon et de n'éprouver pour lui qu'une forme de pitié aujourd'hui. Je comprends  cela, moi c'est plutôt les comportements qu'entraîne cette addiction que je trouve pitoyables. Je n'ai jamais vu mon mon ancien copain comme le Prince Charmant crois moi. Même quand nous étions tous les deux, il était grognon, un peu pantouflard sur les bords et il avait ses défauts bien entendu. Non, je le considérais simplement comme mon homme ; je savais qu'il n'était pas parfait, je savais qu'il pouvait être le pire des cons quand il le décidait mais je l'aimais aussi pour cela. Je ne sais pas comment expliquer cela mais ce que je voyais (ou appercevais puisqu'il me dissimulait tout pour ne pas que je l'atteigne) au fond de lui me faisait l'aimer plus que tout au monde. Je ne sais pas si cela est clair...  Rolling Eyes  

 
Je n'ai jamais pensé que l'amour est parfait, que l'on doit tout aimer chez l'aure et l'idéaliser en véritable Prince Charmant qu'il ne sera jamais. Pour moi, les défauts de l'autre sont aussi sa marque de fabrique et l'on aime chez l'autre un ensemble en réalité. Chez lui, je me plaisais à chercher aussi ses défauts et à les tourner en dérision quand nous étions ensemble. Je l'aimais pour tout ce qu'il était oui. En revanche, cette addiction, cette partie la plus sombre de lui, me faisait trop de mal et l'a fait se comporter comme le pire des salauds avec moi. Pour me cacher ses secrets, ses visionnages, son sevrage qui se cassait la gueule tous les 3 ou 4 jours, il était devenu l'ombre de lui-même... Il était violent dans sa façon de me parler, dans sa manière de m'écarter, dans sa volonté de me rejeter...  

 
Je suis jeune mais je suis tout à fait réaliste ; les êtres humains avec ou sans porno sont tous imparfaits. Après, il est clair que la porno-dépendance les fait s'enfoncer dans des abysmes qui nous font douter de leur humanité, comme tu le soulignes Amalia. 

 
En ce moment je rassemble mes souvenirs et j'apprends à ne pas les oublier. Il serait tellement plus facile de le détester, de me dire que c'est un pauvre type qui ne m'a jamais mérité et que je dois rayer de ma vie... Oui... Mais cela serait me mentir à moi-même. Si je faisais cela alors je nierais cette partie de lui qui m'aimait, cette partie de lui qui comptait les jours avant de me retrouver, cette partie de lui dont le coeur se mettait à danser quand nous nous retrouvions... Je ne veux pas penser que j'ai rêvé, que j'ai inventé, que j'ai complètement déliré... 

 
Je suis malgré tout assez terre-à-terre. Chaque porno-dépendant a en lui la force ou pas de vouloir libérer la partie humaine qui vit en lui. Chacun a le choix de vivre dans la facilité en restant dans une prison protectrice ou d'affronter la vie telle qu'elle est et de commencer à savoir ce que c'est que d'aimer, souffrir, être vulnérable. Il appartient à chacun de savoir quel est le chemin qui nous convient le mieux. En ce qui me concerne, je souhaite continuer à rester vulnérable car c'est grâce à cela que je RESSENS tout ce qui me touche, que mon coeur se remplit et que la personne que je suis se construit. Il serait plus facile de rester hermétique au monde, aux individus, aux sentiments qui m'animent mais ce n'est pas mon choix. Non, soyons vulnérables, amoureux et soyons humains, tout simplement !!! 
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oups71


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PostPosted: Thu 22 Nov 2012 - 13:03    Post subject: On my road again Reply with quote
Je n'ai pas dis qu il n'avait aucun défaut. Juste qu'il a tout fait pour que je ne les voient pas , du moins pas de suite. 
Après c était trop tard , j ai aime cet homme plus que ma vie, forcément je ne pouvais pas admettre consciemment que je faisais faute route. D'où ce combat avec les vidéos. 
Je n aurais pas du être aussi aveugle. Mais je fais partie de ces femmes qui se donnent corps et âme. 
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oups
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Sat 24 Nov 2012 - 11:18    Post subject: On my road again Reply with quote
Dans ce cas chère Oups je crois que nous sommes un peu le même genre de femmes ; celles qui donnent tout par amour et qui oublient de s'occuper d'elles-mêmes alors que nous nous effritons de tout notre être en petits grains de sables fragiles...  

  
Bon sang, si vous saviez comme je me sens redevenir vivante en ce moment... Pendant 3 ans j'ai tout donné pour cet homme, j'ai oublié qui j'étais et j'ai avancé dans le noir en me cognant contre toutes les paroies... Comme toi Oups, j'ai aimé cet homme plus que ma propre vie, je m'en rends compte aujourd'hui... J'ai arrêté de penser à moi, j'ai arrêté de m'occuper de moi, j'ai arrêté de faire des choses pour moi et d'être égoïste. Il avait des problèmes avec sa famille : je lui ai offerte la mienne. Il avait un mal fou à trouver en lui la motivation de vivre et d'agir : je lui ai donné toute mon énergie et toute ma force. Il était incapable de se projeter dans le temps, d'organiser des choses pour nous ; j'ai essayé de changer cela mais en vain et je me suis épuisée pour rien. J'avais toujours le droit aux belles paroles, "oui on fera ceci, on fera cela, on ira ensemble, etc., etc."... Dans notre première année de relation, je me suis sincèrement épuisée en vain à le motiver à faire des choses tous les deux, à prévoir des activités pour nous. Il me disait oui mais me laisser chercher les destinations, esquisser le budget, me renseigner sur les moyens de transports. Je me souviens d'une fois où je n'en pouvais plus (forcément cela me faisait de la peine qu'il ne s'occupe de rien, j'avais l'impression que cela ne lui faisait pas plaisir de partir avec moi) et où nous avons eu une très longue conversation sur le sujet. J'avais envie de le quitter, je n'en pouvais plus de le voir si passif, il m'a dit qu'il ne savait pas pourquoi il était comme cela mais qu'il voulait vraiment changer, que les choses qui nous concernaient étaient vraiment importantes pour lui même s'il n'arrivait pas à réagir face à cela...  

  
Cela m'a tellement perturbée que j'ai arrêté de penser pour nous, je me suis totalement désinvestie de la relation et je l'ai laissé faire tous les efforts pour me récupérer. Car même si j'étais encore avec lui je ne faisais rien pour que la situation s'arrange, j'espèrais me détacher progressivement pour ne plus souffrir de son manque d'investissement qui me faisait trop de mal.  

  
Contre toute attente, il a été aux petits soins, je le sentais très amoureux et je suis retombée dans le piège les yeux fermés... Oui...  

  
Il était amorphe, passif, regardait sa vie défiler... Les projets, nos projets, nous ne les avons jamais réalisé. J'aurais aimé qu'il donne vie à ses promesses, qu'il m'enmène dans tous les beaux endroits qu'il me décrivait et qu'il m'y enmène en me prenant par la main. J'aurais aimé qu'il soit mon guide, qu'il me fasse découvrir des choses, au lieu d'être toujours l'éclaireuse dans notre couple. C'était moi qui devait le débloquer, c'était moi qui devait le motiver, c'était moi qui devait nous faire évoluer. Au début, il faisait des efforts considérables et puis petit à petit il s'est enfoncé dans une passivité qui nous a détruit. Je n'attendais qu'une chose ; qu'il se réveille, qu'il débloque son coeur, qu'il agisse comme il parlait... J'aurais aimé qu'il me protège plus, qu'il fasse plus attention à moi, qu'il soit plus responsable...  

  
Le pire dans tout cela c'est que lorsque nous nous sommes séparés il m'a dit que "nous deux c'était la routine"... Me dire cela à moi... Sincèrement, je suis la fille la plus curieuse qui existe. Si l'on me dit "viens je t'enmène" et que l'on me fait découvrir quelque chose que je ne connais pas, je sors mes lunettes d'enfant et je m'émerveille de tout ce que j'ai sous les yeux... Je suis toujours partante pour tout mais il n'avait pas cette capacité de valoriser cet aspect de ma personnalité et d'en trouver une certaine satisfaction...  

  
J'ai aimé cet homme pour des raisons qui me sont difficilement énonçables. Je l'aimais oui mais pourquoi (?) je ne sais pas vraiment. Je sentais qu'il y avait quelque chose en lui qui me ferait l'aimer toute ma vie. Je n'arrive pas à me l'expliquer... Pourtant il m'a fait tant de mal... Et sa putain de porno-dépendance alors là je dis "cerise sur le gâteau!". Peut-être avais-je la capacité de voir le meilleur en lui, peut-être avais-je l'intuition que notre aour pourrait redonner un sens à sa vie. J'ai trop compté sur cet amour et malheureusement le chateau de cartes s'est écroulé...  

  
Je voudrais qu'il se libère, je voudrais qu'il soit heureux, enfin, je voudrais qu'il laisse gambader son coeur et qu'il arrête d'être simple spectateur de sa vie.  

  
Je voudrais qu'il admette combien il m'a aimée et qu'il arrête de se mentir à lui-même.  

  
Je voudrais qu'il élimine son addiction et qu'il soit plus libre que jamais oui...  

  
Je ne sais pas quelle route m'attend. Je sais que je vais beaucoup mieux. J'ai retrouvé assez d'énergie pour vivre pour moi et pour être heureuse. J'ai retrouvé mon militantisme dans les causes qui me tiennent à coeur, j'ai retrouvé le goût de sortir, de faire des rencontres et de partager des discussions sur des sujets aussi futiles que profonds. J'ai retrouvé l'envie de plaire, de me plaire à moi-même mais aussi l'envie de plaire aux autres. Je veux plaire pour ce que je dégage ; pour mon énergie, pour mon sourire, pour ma vision du monde. Je veux que les autres me regardent et se disent que je suis quelqu'un de bien. Je veux qu'ils se disent "cette fille rayonne et on a envie d'aller vers elle". Cela me tient tellement à coeur.   

  
Un été en vacances à l'océan, il y a de cela quelques années, je me souviendrai toujours d'un petit matin où j'ai emprunté un chemin de sable pour rentrer chez moi. J'ai croisé sur ma route un petit papi qui tenait sous le bras son journal, tête baissée, ne regardant pas vraiment devant lui. Arrivée à sa hauteur, je lui adresse un bonjour chaleureux en lui souriant. Etonné de cette marque d'attention, je vois son journal lui échapper et il me lance l'un des plus beaux sourires que je n'ai jamais reçu... Son visage était lumineux, son visage venait de s'éclairer et il a semblé à cet instant le plus heureux de tous les hommes. Cela peut vous sembler idiot de s'emballer pour un simple sourire reçu  mais pour moi, il s'agit de quelque chose de magnifique que j'ai depuis gardé en moi et que je n'oublierai jamais...   
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Giller


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PostPosted: Sun 25 Nov 2012 - 21:41    Post subject: On my road again Reply with quote
Ta dernière phrase me fait penser à une chanson de Florent Pagny "apprendre à sourire, rien que que pour le geste, sans vouloir de reste", une chaleur innatendue fait toujours plaisir, les surprises ravissent l'ame.
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Se sevrer, s'offrir une vie
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Silver


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PostPosted: Wed 28 Nov 2012 - 11:09    Post subject: On my road again Reply with quote
Lol je connais bien cette chanson Giller et oui tu as raison ; les surprises ravissent l'âme. Ce que je trouve beau dans cette petite histoire, c'est l'étonnement de la personne rencontrée sur mon chemin et sa joie d'être "vu". Tout cela parce que nous avons appris à vivre sans faire attention aux autres, sans regarder autour de nous, sans nous occuper des situations autres que celles qui nous touchent. Je généralise peut-être et j'en suis désolée mais en ce qui me concerne, j'aime discuter avec les petits commerçants qui habitent mon quartier, j'aime leur offrir un sourire sincère et me rendre compte combien ils n'en n'ont pas ou plus l'habitude. Il y a un été, j'avais mis le grappin sur un poste de factrice pour l'été et je me suis rendue compte à quel point certaines personnes pouvaient se sentir isolées et esseulées. Au cours de ma tournée, j'avais certaines personnes qui m'attendaient devant le pas de leur porte (essentiellement des personnes âgées mais pas seulement) pour pouvoir discuter avec au moins une personne au cours de la journée. Quand j'avais le temps, je m'arrêtais prendre un petit café dans un resto où la patronne était toujours ravie de me raconter les petites histoires de quartier. Je sentais un tel besoin de discuter, d'échanger, de se sentir écouté aussi. Toutes ces choses renforcent en moi cette conviction que le dialogue est le meilleur des outils humains mis à notre disposition.     

     
En ce moment, je sors pas mal. Je commence à me faire un bon groupe d'amis pour sortir le soir et rencontrer de nouvelles personnes. Cela me fait me rendre compte combien je manquais d'attention, d'écoute, d'échange avec l'autre. Mon couple était l'otage de la porno-dépendance de mon ancien compagnon. Après tout, moi je n'y étais pour rien, ce n'était pas moi qui avait de problème d'addiction, ce n'était pas moi qui mentait à l'autre pour continuer à se voiler la face, ce n'était pas moi qui imposait l'humeur du jour avec une rechute, un rejet de l'autre, une fuite de la réalité et un repli sur soi.     

     
Je subissais. Je vivais avec un parfait égoïste. Je devais tout accepter ; les pornos, la mauvaise humeur liée à l'addiction, la procrastination, l'avachissement de soi, sa routine et ses habitudes sécurisantes pour lui mais insupportables pour moi, etc., etc. J'aurais certainement dû partir bien avant. J'aurais dû refuser tout ce laisser-aller, cet égoîsme persistant, cette ombre de lui qui me tuait à petit feu. Oui j'aurais dû et pourtant je suis restée.      

     
Je sentais derrière le verrou son coeur battre et je sentais cette vulnérabilté exister. Je sentais qu'il m'aimait plus que tout au monde et je n'arrivais pas à me résoudre à partir. Combien de fois me suis-je dis le soir en me couchant qu'il fallait partir pour sauver ma peau et combien de fois me suis-je levée le matin en espérant qu'il sorte du déni et finisse par réaliser combien il me faisait mal ? Un nombre incalculable de fois, en réalité. Je vivais à la fois dans l'espoir et la peur et j'avançais dans le noir. Je vivais au jour le jour en espérant qu'il y ait un jour du changement...     

     
J'en reviens toujours à ce point de l'histoire où j'ai découvert qu'il me mentait depuis des mois sur son sevrage et qu'il ne s'en sortait pas. Le jour où j'ai découvert cela j'ai hésité. Ma première réaction a été de me dire "ferme les yeux, ne lui dis rien, fais comme si tu ne savais pas, çà ne pourra qu'aller mieux". Puis j'ai repris mes esprit, je me suis demandée si cette fois il n'avait pas franchit la ligne blanche, s'il n'était pas temps pour moi de le laisser s'enfoncer sans moi... Et puis mon coeur s'est mis à battre dans ma poitrine, je le sentais battre encore une fois pour lui alors à 2h du matin je lui ai demandé de se lever et de me parler pour m'expliquer comment on avait pu en arriver là tous les deux...      

     
Cet épisode douloureux lui a permis de lire mon carnet et de commencer à identifier ma douleur. Sans que je ne lui demande quoique ce soit, il a décidé d'y apposer un texte et de m'écrire combien il m'aimait. Après ce geste, il m'a appelée, m'a présentée ces excuses (chose très rare de sa part) et m'a fait savoir avec tendresse et émotion combien il m'aimait, oui.     

     
Ce jour là, je me suis dis que nous allions y arriver mais non, les rechutes sont revenues et je l'ai à nouveau perdu, à mon plus grand regret...     

     
Mon homme depuis février ne s'intéressait plus à moi, ne cherchait pas à entamer de vraies discussions enrichissantes avec moi. Depuis février, j'étais devenue l'ennemie, j'étais la fille qui le faisait souffrir, celle qu'il fallait fuir et à qui il fallait faire du mal pour ne pas être atteint. Il n'était plus fier de moi, il n'était plus protecteur avec moi, il ne cherchait plus rien qui vienne de moi...     

     
Quand nous nous retrouvions, il y avait toujours de l'amour entre nous mais cet amour était un vrai champ de ruines dans lequel il était difficile de se déplacer. Tout était oppressant. Moi je vivais dans la peur qu'il rechute et qu'il me mente. Lui, vivait dans la peur de l'échec, de me faire souffrir encore une fois et traînait avec lui une culpabilité monstrueuse...     

     
Cette addiction nous aura vraiment démolis oui... Pourtant j'y croyais tellement. En septembre, nous sommes allées dîner chez un couple d'amis à lui. En sortant pour rentrer chez nous, il m'a pris la main et m'a dit "nous tu sais on est plus forts qu'eux". Quelques pas plus loin, on s'est arrêtés pour s'embrasser et il a effectué un petit pas chassé pour tourner autour de moi ; à cet instant, je me sentais être au centre de ses préoccupations, de son monde, de son coeur, lui semblait si heureux...     

     
Quel gâchi. 

 

 
  

 
Paroles et traduction de "We Might As Well Be Strangers"

We Might As Well Be Strangers (Nous Pourrions Aussi Bien Être Des Étrangers)

I don't know your face no more
Je ne reconnais plus ton visage
Or feel your touch that I adore
Ou ne ressens plus ton contact que j'adore
I don't know your face no more
Je ne reconnais plus ton visage
It's just a place I'm looking for
C'est simplement un endroit que je recherche
We might as well be strangers in another town
Nous pourrions aussi bien être des étrangers dans une autre ville
We might as well be living in a different world
Nous pourrions aussi bien vivre dans un monde différent
We might as well
Nous pourrions aussi bien
We might as well
Nous pourrions aussi bien
We might as well
Nous pourrions aussi bien

I don't know your thoughts these days
Je ne connais pas tes pensées de ces jours-ci
We're strangers in an empty space
Nous sommes des étrangers dans un espace vide
I don't understand your heart
Je ne comprends pas ton coeur
It's easier to be apart
C'est plus facile d'être distant

We might as well be strangers in another town
Nous pourrions aussi bien être des étrangers dans une autre ville
We might as well be living in a another time
Nous pourrions aussi bien vivre dans un autre temps
We might as well
Nous pourrions aussi bien
We might as well
Nous pourrions aussi bien
We might as well be strangers
Nous pourrions aussi bien être des étrangers
Be strangers
Être des étrangers
For all I know of you now
Pour tout ce je sais de toi maintenant
For all I know of you now
Pour tout ce je sais de toi maintenant
For all I know of you now
Pour tout ce je sais de toi maintenant
For all I know
Pour tout ce je sais   

 

 
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Mon 3 Dec 2012 - 20:02    Post subject: On my road again Reply with quote
Je voudrais avoir cette capacité en moi de pouvoir le détester, pire d'être comme lui ; devenir indifférente à tout ce qui me touche, à cet amour, à tous les souvenirs qui continuent de m'habiter... Je voudrais vivre comme lui dans la facilité en fuyant tous mes problèmes, en échappant à ce que je suis et en mettant mon « masque » quand j’interagis avec les autres... J'utilise volontairement ce terme parce que quand nous nous sommes séparés il m'a dit avoir l'impression de vivre avec un masque quand il était avec moi... Après deux mois de séparation, deux mois de réflexion, deux mois à me souvenir, j'en suis arrivée à me dire que cette impression de porter un masque, c'était en fait de me donner et me montrer le meilleur de lui-même quand il était avec moi et de tricher sur ce qu'il était vraiment, c'est-à-dire un homme seul, perdu dans une certaine noirceur, accro aux jeux et aux pornos, vulnérable et fragile mais entouré d'une véritable armure pour mieux éviter les coups et les blessures de l'âme...    

    
Je le revois toutes ces fois allongé sur le dessus de son lit parce que je l'avais « blessé », en train de fermer les yeux et de ne répondre à aucun des mots que je prononçais... Je le revois à mes côtés en train de basculer en arrière sur son lit pour éviter la confrontation, les tirs, les blessures... Il fuyait. Je me revois le prenant dans mes bras, le serrer fort, le ramener à la vie, sentir ses larmes chaudes couler le long de ma nuque, toujours dans un silence pesant...    

    
Cette fois-ci je n'ai pas su le ramener à la vie... J'ai pensé à moi, à me « sauver » moi, je l'ai laissé partir sans le retenir, sans même essayer de faire revenir à la surface son amour enfoui si profond dans ces moments terribles... Je m'en veux et en même temps je n'avais pas d'autre choix, j'étais en train de m'éteindre, j'étais en train de mourir...    

    
J'ai relu tous ses mails, ses lettres, car j'estimais que l'exercice était plus poussé qu'un simple sms et j'en suis arrivée à la conclusion que mon homme m'aimait plus que tout au monde mais qu'il était dépassé par la situation. Il devait gérer notre relation à distance, le manque, ses problèmes d'addictologie, sa propre souffrance enfouie depuis longtemps et en train de refaire surface avec la psy et le sevrage. Il devait aussi faire face à ma souffrance, à mes espoirs, à mes rêves à deux... Enfin, il devait aussi faire face à ses envies de découvertes, de voyages, d'exploration. Il voulait être libre et comme je le comprends dans cette volonté. Mon but était de le rendre heureux et mon envie première était qu'il se libère de sa pornodépendance. Quand nous nous sommes séparés, la dernière chose que je lui ai dis c'est « n'abandonne pas ton combat » parce que pour moi son bonheur passait et passe d'abord par là...    

    
J'ai tant de mal à vivre sans lui ; il me manque plus que tout au monde et il ne se passe pas une journée sans que je ne pense à lui. J'envisage donc de partir à l'étranger, de réfléchir à distance, de me couper de tous nos souvenirs parce qu'ici je n'y arrive pas... Je n'ai pas la capacité comme lui de garder mon masque bien longtemps ; mentir n'est pas quelque chose que j'arrive à maîtriser sur le long terme et je n'en peux plus de faire croire à tout le monde que je vais bien.    

    
Je comprends seulement après coup combien ses addictions ont été son refuge pendant si longtemps. Je commence seulement à comprendre combien je n'y pouvais rien et combien j'aurais pu m'épuiser à essayer de le rendre heureux avec notre seul amour... Le bonheur est d'abord individuel, il faut le savourer d'abord soi-même et cela n'était plus/pas de mon ressort...      
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Betty


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Joined: 12 Feb 2012
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PostPosted: Mon 3 Dec 2012 - 21:05    Post subject: On my road again Reply with quote
Il est vrais que cette addiction s'insinue doucement entre le couple et fini par contruire un veritable mur de béton en silence. Apres il est bien difficile de renouer le dialogue. quand tu parles de le ramener à vie, ça me fait penser au fait de parler à une personne accidentée pour qu'elle reste consciente. J'ai ce même sentiment. L'addiction anesthesie une partie du cerveau et lorsque c'est le cas, impossible d'avoir uen vrais conversation. Les emotions sont paralysées.
A la derniere rechute de gibs, j'avais l'impression qu'il y avait un mur sur pattes qui se promenait dans la maison! C'est bien sûr ce qui m'a mis la puce à l'oreille...
Allez, Silver, il faut que la vie reprenne. continues à exprimer ta douleur, elle finira pas se tarir, et tu pourras consacrer ton nergie à de nouvelles aventures...Tu es si jeune!
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Fri 7 Dec 2012 - 15:15    Post subject: On my road again Reply with quote
Comme je me sens bien cette semaine... Je suis apaisée, mes sanglots s'éteignent, mon cœur se remet à battre doucement... Je me sens tellement forte, c'est inexplicable et indescriptible ; je me sens incroyablement renforcée au fond de moi-même. Je suis en train de faire le deuil de ma relation et je suis en train de m'en extirper ; je dois consolider ma vie, chercher à me raccrocher aux wagons du bonheur et du bien-être, oui.   




Ma confrontation avec cette saloperie d'addiction m'a rendue plus humaine, c'est indéniable. Ma confrontation avec ce qu'il y avait de plus noir chez l'homme que j'aimais m'a donnée cette envie folle de rechercher chez tous ceux que je croise ou que je rencontre leur humanité. C'est fou mais je marche dans la rue avec un grand sourire en chantonnant parfois désormais. Je me suis remise à la photographie et alors que j'aimais plus prendre des plans paysages je me surprends à chercher à travers mon appareil des « vrais » objets de découvertes ; les gens. Je guette des expressions, des petites manies, des sourires esquissés au coin des lèvres... Que cela soit avec ou sans appareil, j'ai retrouvé le goût de tout observer comme à mon habitude oui. Et ce ne sont plus l'architecture des rues où des bâtiments que je scrute mais bien les rides d'un front qui se plissent ou d'une paupière qui s'ouvre...




J'étais prisonnière d'un combat qui n'aurait jamais dû être le mien, j'étais prisonnière de mon cœur qui battait jusqu'à s'éteindre de battre « de trop ». J'en viens même à me demander comme mon compagnon pouvait continuer à m'aimer alors que je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Cela peut peut-être expliquer en partie le fait qu'il ne pensait plus m'aimer. D'ailleurs je n'ai toujours pas éclairci ce point, je ne sais pas au fond si ce qui nous reliait à la fin était de l'amour ou non. C'était peut-être un amour sur le point de mourir parce que nous n'avions ni lui ni moi plus d'issues. Je m'éteignais sans qu'il ne puisse y faire quoique ce soit et lui fuyait vers une liberté individuelle peut-être salvatrice après cette destruction de toute notre relation. Quand je me souviens aujourd'hui de nos soirées au téléphone pendant des heures à nous parler de tout un tas de choses, je me rends compte combien nous en étions loin à la fin. Il n'y avait plus d'échange, plus de dialogue, simplement un lien physique qui maintenait notre amour sur pilotis.




Malgré tout ce gâchis, je crois que notre histoire et notre descente aux enfers m'aura fait grandir et évoluer de manière très positive. J'ai enfin délaissé mon costume d'enfant, de petite fille, qui se protège derrière les autres. Je sais que je peux avancer seule et à mon rythme. Je sais que je n'ai pas besoin de l'amour de quelqu'un pour me réaliser et qu'il faut d'abord être stable avant de risquer de blesser celui qui nous accompagne dans notre vie. Je trouve aussi que je suis beaucoup plus indulgente sur mes critères de sélection ; je recherche simplement quelqu'un qui saura me prendre pour tout ce que je suis et avec qui un échange humain sera possible. Sans cet échange, sans ce dialogue, sans ce lien, l'amour n'est pour moi plus envisageable. Le reste m'importe peu je crois.




Je pense beaucoup à partir à l'étranger ces derniers temps, je veux rouler ma bosse et avaler des kilomètres. Avant je me voyais prendre la route et partir loin, désormais je m'imagine plus en train de marcher à pied avec une carte sous le bras. Je me sens donc moins vulnérable, la voiture avait un aspect matériel qui m'aurait protégée, être à pieds c'est à la fois plus risqué, plus excitant, plus beau aussi.




Les rapports humains, voilà ce que je veux mettre au centre de ma vie désormais. C'est très ambitieux mais j'y crois, oui j'y crois plus que tout.
 
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doll


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Joined: 01 Dec 2012
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PostPosted: Fri 7 Dec 2012 - 22:43    Post subject: On my road again Reply with quote
Tu peux finalement déployer tes ailes Smile
Tu es exceptionnellement forte Silver. J'essaie de lire tout ton carnet. J'en lis une dizaine à la fois. 
Tout ce qu'on recherche au final c'est l'apaisement, le respect et le bonheur. On recherche l'équilibre. Tu as l'air sur la bonne route du bonheur. Courage
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Sun 9 Dec 2012 - 10:52    Post subject: On my road again Reply with quote
Je vais de mieux en mieux mais je deviens aussi de plus en plus lucide. Est-ce que l'on s'est aimé lui et moi ? Oui, plus que tout au monde... Sauf qu'il a tout détruit échelon par échelon... Cela a commencé par son inactivité, son laisser-aller, sa stagnation quotidienne... Toujours à se plaindre de n'être motivé à rien, toujours à me demander de l'encourager à faire des choses que tout à chacun doit normalement faire dans son quotidien. La moindre tâche ménagère était la pire des corvées pour lui et il délaissait tout (études, obligations quotidiennes, (moi)) en passant des week-ends entiers à jouer ou à mater sa merde... 




La première fois que j'ai vraiment été blessée par ce comportement, c'est parce qu'il ne s'était pas pris en main pour rechercher un boulot d'été pour qu'on puisse partir en vacances tous les deux. Cela faisait un an que nous étions ensemble et comme il avait l'air vraiment désolé de la situation, je me suis privée de vacances tout court pour rester avec lui...




Entre temps, j'avais émis l'idée que l'on habite ensemble parce que l'on s'aimait plus que tout, que l'on passait nos soirées à s'appeler, que l'on était vraiment sur notre petit nuage. Il m'a menti, il m'a tenu un discours comme quoi « il ne pouvait pas », en fait j'ai découvert qu'il ne voulait pas. Trop de changements dans sa vie, trop de prises de risques, trop d'incertitudes, trop, trop, trop, pour lui. Peut-être avait-il peur que je découvre qui il était vraiment ? J'en sais rien. En tout cas c'est à ce moment que j'ai fais une première dépression car je ne comprenais absolument pas ces arguments. On était si amoureux, si complices, si bien ensemble, être ensemble c'était la suite logique pour moi...




Il m'a laissée sombrer dans les tréfonds du désespoir et les abîmes de la souffrance. Nous nous sommes alors séparés parce que j'étais en train de mourir et que lui n'avait aucune autre réponse à me donner que « je suis désolé ». A cette séparation, j'ai reçu un sms, je ne me souviens plus du contenu exact mais de la teneur : il m'aimait comme un fou, il voulait habiter avec moi, il voulait vivre notre amour chaque jour qui passe parce que c'était lui et moi. Il avait changé d'avis juste après que l'on raccroche ce putain de téléphone en se disant adieu avec un dernier « je t'aime »... Lucide, je lui disais alors de réfléchir, de prendre la bonne décision pour lui. Le lendemain, il se rétracte, il ne veut plus qu'on habite ensemble...




Séparation de deux semaines environ, c'est moi qui revient parce qu'il me manque plus que tout. Ce n'est pas évident de reprendre notre histoire en cours, chacun y ayant laissé un bon paquet de plumes... Le jour de nos retrouvailles, je lui offre un CD de l'un de ses pianistes préférés et je vois des petites étoiles dans ses yeux...




Malgré le fait que je sois revenue et à ses conditions (ne pas habiter ensemble avant la fin de ses études), il ne prend pas en considération ma blessure, il ne voit pas combien j'ai souffert de tout çà. On ne parle plus de sujet qui fâche et on continue la route ensemble mais avec quelque chose de différent entre nous... Il me dit un jour malgré tout que la meilleure chose qui lui soit arrivé c'est que l'on se soit remis ensemble...




Les mois passent, on ne part toujours pas en vacances, il est de plus en plus irascible, de mauvaise humeur, en tous cas il me cache de moins en moins cet aspect de lui... Quand nous nous disputons, il se referme sur lui, il ne parle plus (son silence devient une arme destructrice pour moi), il ne m'écrit plus pendant plusieurs jours pour se venger de l'avoir fait « se sentir mal »... Il me blesse, il m'abîme, il effrite notre amour...




Ellipse. Je veux en arriver à janvier/février 2012. C'est là que tout se casse la gueule entre nous... Je découvre le pot-aux-roses qu'il m'impute. Il me dit que c'est quand nous avons rompu à nos un an ensemble environ qu'il a vraiment replongé... Parce qu'il n'avait plus de raison de se battre. Je deviens un prétexte, c'est de ma faute selon ses termes... J'essaie de le comprendre, j'essaie de tout mon cœur. Je me bats pendant des jours pour qu'il me parle, qu'il m'explique, qu'il comprenne que c'est grave... Et à chaque fois j'ai le droit au même traitement de faveur ; il me rejette, il me dit que je tourne en boucle sur cela, que ce n'est qu'une passade et que çà lui passera. Il s'énerve de plus en plus contre moi, me blesse toujours plus profondément... A la saint-valentin, il me balance des horreurs et ne m'adresse plus la parole pendant une semaine... Un enfer, un véritable enfer...




A côté de cela, quand nous nous voyons, il est le plus tendre de tous les hommes, je me sens bien. Je passe l'éponge, je pardonne, pire je l'excuse... Ma bataille donne lieu à quelques victoires ; il comprend de plus en plus que c'est une addiction et qu'il y a véritablement un problème. Mais il continue de me rejeter, de me blesser pour que j'arrête de tourner autour de sa plus grande faille. Je continue de me battre et vous savez ici combien je me suis battue pour lui... Il me ment pendant des mois, je n'ai alors plus confiance. Sans confiance, l'amour se meurt malheureusement... Il me reste deux choses ; mon cœur qui bat pour lui et l'espoir, l'espoir qu'il va ouvrir les yeux, qu'il va ouvrir ses putains de yeux et voir notre amour en train de mourir... Cela arrive, oui, il lit mon carnet et me livre sur ce forum un grand cri d'amour...




Et puis retour en arrière... Lessivage de cerveau par la psy + porte de sortie par la fuite = abandon de notre couple, de notre amour ; je ne suis plus sa femme, je deviens soit-disant une fille à laquelle il est attaché...




Quel con putain.
 
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Giller


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Joined: 18 Apr 2012
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PostPosted: Sun 9 Dec 2012 - 13:09    Post subject: On my road again Reply with quote
A la fin de ta dernière phrase ma soeur aurait ajouté "un mec quoi ..."


A part ça tu disposes de proches ou amis pour parler de ce sujet sensible ? A part le forum bien sur. Parce-que nous on peut malheureusement pas te tapoter l'épaule ou te serrer dans nos bras pour te réconforter quoi ... 
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Mon 10 Dec 2012 - 00:08    Post subject: On my road again Reply with quote
Désolée en effet si je déverse une partie de ma colère ici et que vous ne pouvez pas y faire grand chose. Cela me fait "juste" du bien d'écrire tout ce que j'ai sur le coeur et ce que je ressens. Mettre des mots sur ce que je ressens, çà me permet de réaliser où j'en suis et le chemin qu'il me reste à parcourir.     

     
J'ai des amies et j'avoue que quand j'ai perdu mon ancien copain, j'ai réactivé tous mes anciens contacts pour me sentir entourée le plus possible. Mais malgré cela, il m'est impossible de parler de pornodépendance à qui que ce soit. La seule personne à qui j'aurais souhaité peut-être en parler c'est ma mère mais elle a claqué la porte de chez nous il y a un mois et demi donc je t'avoue que j'ai abandonné cette idée. Et puis je ne sais pas, cette histoire ne regarde que nous, je ne veux pas que d'autres que moi se permettent de le juger. Car il le verrait peut-être comme un pervers, un malade, bref, quelqu'un qu'il n'est pas. Ce n'est pas comme cela que je le perçois et ce n'est pas comme cela que je veux que les gens que j'aime le perçoivent.
     

     
Je ne sais pas si je suis claire  Question
     

     
En tout cas, je suis redevenue moi-même, je rigole tout le temps et j'ai des rêves plein la tête et çà putain çà n'a pas de prix  Okay
     

     
Merci à toi pour ton soutien, merci à vous tous... Merci pour cet échange humain incroyable et si enrichissant !!!
     
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Léa


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PostPosted: Thu 13 Dec 2012 - 08:10    Post subject: On my road again Reply with quote
Quel bonheur de te lire Silver.
J'ai l'impression que tu es un grand soleil maintenant.
Non, une jeune fille ne devrait jamais souffrir comme tu as souffert.
On ne commence pas sa vie de ctte façon là...
Ta vie maintenant, elle est devant toi et elle s'annonce belle.
Je te souhaite tous les bonheurs du monde.
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Silver


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Joined: 08 Oct 2012
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PostPosted: Thu 13 Dec 2012 - 20:20    Post subject: On my road again Reply with quote
Oui Léa tu as raison, comme je suis forte maintenant...   

 
Je m'identifie à un cygne qui aurait ouvert ses grandes ailes blanches pour s'envoler au dessus des nuages et regarder de loin les lumières de la ville et ses réverbères s'éteignant les uns après les autres dans une suite désorganisée au petit matin... 

 
J'ai l'impression étrange de m'être retrouvée après des mois de clair/obscur et de jeux de lumière ininterrompus entre amour sincère et porno-dépendance mensongère...  

 
Je suis apaisée, je suis devenue une véritable femme et je suis vraiment fière de moi ; avant par exemple, j'étais totalement incapable de m'imaginer avoir des enfants. Aujourd'hui, je me sens apte à transmettre mes valeurs, mon savoir, mes expériences, mon amour pour tout ce qui relève de l'humain et de l'échange avec les autres. Je me sens assez forte pour tout cela oui même si je conçois bien évidemment que pour fonder une famille, il faut être deux. 

 
Avant, j'avais peur de beaucoup plus de choses, je ne m'imaginais pas partir dans l'inconnu loin de ma famille, pour vivre des expériences qui m'aideront à me construire... Ma famille compte énormément pour moi, en particulier ma sœur et quand j'aurais un jour la chance de pouvoir construire la mienne alors je veux que cela soit un prolongement de ma première famille. J'avais un grand père ouvrier et résistant pendant la 2ème guerre mondiale et une grand mère issue de l'immigration forcée d'Europe de l'Est et j'ai compris grâce à leur amour que peu importe l'endroit où la famille se crée, le plus important est de rester soudés dans toutes les épreuves de la vie et de créer des liens indélébiles entre tous les membres d'une même famille. Toutes les formes d'amour et de famille existent, le plus important est l'intensité des liens qui unissent les personnes les unes aux autres où qu'elles soient...  

 
Voilà, je me sens bien, j'ai aussi arrêté de douter de l'amour de mon ancien compagnon d'où mon apaisement actuel. Je ne veux plus remettre en doute mes ressentis et ce que j'ai lu tant de fois dans ses yeux et j'accepte ce challenge de la vie ; si je dois continuer sans lui alors c'est que quelque chose de plus grand m'attend, si nous nous retrouvons un jour alors c'est que notre amour aura triomphé de cette épreuve et que c'est notre destin. Dans tous les cas, cela ne remet pas en cause qui je suis et ce dont je suis capable... 

 
(je t'embrasse fort ma chère Léa...) 
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Silver


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PostPosted: Sun 6 Jan 2013 - 00:35    Post subject: On my road again Reply with quote
Je suis actuellement au bord d'une rivière encaissée entre deux pans de vallée qui m'étreignent amoureusement de leurs couvertures mousseuses et clairsemées de petites fleurs blanches à clochettes. La rivière qui serpente devant moi se tord et se desserre au gré des remous de l'eau qui sautille et gesticule réalisant des figures originales et changeantes. J'observe cela d'un œil amusé ; le courant est assez fort pour émousser les galets du lit de la rivière mais je perçois néanmoins quelques pétales arrondis et blancs de ces fameuses fleurs en suspension que je me plais souvent à agiter au bord de l'eau. Oui, j'aime toujours autant voir ces ronds dans l'eau occasionnés par une chute légère de pétales qui se superposent les uns aux autres et finissent emportés comme des petites coquilles de noix en bataillon par la douce course de la rivière. Celle-ci entraîne avec elle bien d'autres débris et des fragments de mon passé que je laisse filer sans crainte au cours de l'eau. Mes pieds nus et libres sont léchés par cette eau qui me paraît être de plus en plus claire et de plus en plus belle et je sens que l'un et l'autre n'attendent que mon feu vert pour y rentrer plus profondément.   


Au fond du lit de la rivière, j'entrevois quelques perles briller de plus en plus fort, je n'ai qu'à les cueillir, les recueillir, les aimer malgré leurs formes plus ou moins régulières. Ces perles dégagent des énergies positives et j'entrevois en elles une très grande lumière, tout comme je veux désormais apprendre à percevoir les êtres humains qui croisent ma route. Oui, souffrir d'avoir perdu la personne qui partageait ma vie parce que l'addiction et ses conséquences ont gagné sur l'amour après des mois de lutte éreintante me pousse désormais à chercher cela ; la lumière, le partage, la vie...


Je suis jeune mais comme je me sens en avance sur ceux de mon âge... C'est comme si j'avais compris le plus important et qu'eux étaient dans l'ignorance, la négation, le déni (encore lui, toujours lui), avançant dans le noir le plus total. Je les vois marcher les uns derrière les autres et se cogner entre eux dans une confusion risible, sans se demander pardon ou s'excuser d'avoir eu le pied gauche (jamais). Je me sens tellement loin des futilités du quotidien ; un sourire esquissé m'émerveille, le regard curieux des enfants me nourrit, un couple de personnes âgées se tenant la main me remplit. Je ressens tout de manière plus intense et je développe un très haut degré d'empathie lié à ma forte sensibilité ; je crois que je deviens de plus en plus humaine... C'est comme si j'avais découvert le plus important, le plus précieux des présents de la vie et si vous saviez comme cela brille mes amis ! Il me reste désormais à savoir comment orienter mon chemin de vie en fonction de ces récentes découvertes et changements internes.


Je suis heureuse, si heureuse d'avoir découvert ces trésors à l'âge que j'ai et de les tenir dans le creux de mes mains pour m'aiguiller. Je n'ai plus peur, non je n'ai plus peur parce-que je suis « armée » pour tout affronter maintenant...

 


Last edited by Silver on Sun 6 Jan 2013 - 16:37; edited 1 time in total
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Giller


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PostPosted: Sun 6 Jan 2013 - 11:46    Post subject: On my road again Reply with quote
Quelle poète Silver  Embarassed


Ya desfois où quand je me mets furieusement à penser ya comme une règle générale qui apparait, belle et bien tournée, j'en ai une qui je pense définit le côté émotionnel dont tu nous fais part : Le sourire des autres est la chaleur de mon coeur.
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Silver


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PostPosted: Mon 21 Jan 2013 - 01:23    Post subject: On my road again Reply with quote
Ce texte est certainement le dernier que j'apposerai sur cette quinzième page de mon carnet qui soufflera bientôt sa première bougie d'anniversaire. «Triste anniversaire» si j'ose dire, et surtout, «triste fin» pour mon couple, mais qu'importe, l'heure n'est plus aux regrets et à l'espoir d'en sortir de là à deux, indemnes, amoureux. 

 
Je viens noircir cette page encore une fois parce que je dois vous raconter la fin d'une histoire qui finalement me permet d'en commencer aujourd'hui une nouvelle; la mienne.  

 
Comment vous raconter cela en quelques lignes quand je sens que ce que je détiens désormais entre les mains est certainement la découverte la plus sensée, la plus belle mais aussi la plus évidente de ma vie..? Alors voilà comment mon combat, ma lutte, mon acharnement contre la porno-dépendance m'ont fait retrouver mon chemin de vie ; Enlisée depuis des années sur des routes sablonneuses à chercher ma voie, j'ai retrouvé le sens de l'orientation et la bonne direction à suivre. Après la perte de l'homme pour lequel je me suis tant battue, j'ai dressé un bilan de ce que j'avais accompli jusqu'à aujourd'hui et de ce après quoi j'ai toujours couru. En bon et rigoureux cartographe, j'ai retracé mon parcours parfois hésitant, quelquefois imprécis, bien souvent zigzaguant, puis, j'ai placé un à un les obstacles identifiés au gré de mon périple. J'ai établi les points de similitude, j'ai éclairé les liens de mes lanternes et j'ai défini quels étaient les objectifs réalisés pour chaque étape... Ce fut un véritable travail de fourmi je ne vous le cache pas ; retourner chaque vieille pierre et chercher les anciennes traces de mon passage sous celles-ci pour réaliser une rétrospective de mon parcours ne fut pas évident. Mais assidue à la tâche et hardie au travail, j'ai pu répertorier progressivement tout ce qui me semblait important pour en arriver à une seule et même conclusion. Finalement, toutes les routes me conduisent à l'humain, à l'homme, à l'humanité. Cela était sous mes yeux depuis le début et je ne sais toujours pas comment j'ai fais pour ne pas m'en rendre compte plus tôt... 

 
Je ne suis pas en train de gérer le déclenchement d'un choc post-traumatique après une rupture sentimentale compliquée et douloureuse ou quoique ce soit de ce genre, non. Je ne suis pas en train de disjoncter même si cela peut y ressembler, non, bien au contraire, je ne me suis jamais sentie si lucide, si lumineuse, si proche du bonheur (simple mais véritable). Tous mes chemins me conduisent à réaliser que je grandis et me construis dans la joie, le partage, l'échange qui peuvent émaner de mes relations avec les autres êtres humains... 

 
Oui, la prochaine fois que mon père me demandera quelle veste de métier je vais bien pouvoir enfiler plus tard alors je crois que je lui répondrai sincèrement quelque chose de ce genre ; « papa assis toi s'il te plaît mais je dois t'avouer que ma seule envie aujourd'hui est de faire un métier qui me permettra de rendre les gens que je côtoie plus heureux ». Je ne sais pas encore comment il prendra cela mais il m'aime plus que tout et je crois qu'il me soutiendra de toutes ces forces, de tout son cœur et que je pourrai lire dans le creux de ses yeux combien il est fier de moi. Mes études ne me seront pas inutiles et m'auront permis de réaliser mon potentiel intellectuel mais je veux désormais repenser mon avenir et mettre l'humain au centre de tout. 

 
Voilà, mes amis, voilà ce que la porno-dépendance m'aura offert après la perte de l'homme que j'aimais et que j'aimerais certainement toute ma vie. Finalement, de manière indirecte, il m'aura filée un dernier coup de main, oui. Je pense évidemment à lui ce soir parce que je me dis qu'il ne se trompait pas sur le fait que je sois la femme la plus merveilleuse qu'il ait rencontré de sa vie; je suis lumineuse aux yeux des autres parce que j'ai compris ce qui échappe à l'ensemble des gens aujourd'hui. J'aurais tant voulu être lumineuse à ses yeux et qu'il soit enfin fier de moi. J'aurais tant voulu lui confier tout cela et regarder au fond de ses yeux comme dans ceux de mon père pour y lire son soutien et son amour...  

 
Peut-être qu'ici certains ont conscience de l'importance des relations humaines et me comprennent. Je voudrais aiguiller les autres mais c'est à chacun de trouver son chemin je crois. J'espère juste qu'un jour, vous vous retrouverez dans mon état d'esprit actuel et que vous mettrez les autres sur la piste vous aussi.  

 
Merci, merci à tous du fond du cœur... 
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Léa


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PostPosted: Mon 21 Jan 2013 - 16:55    Post subject: On my road again Reply with quote
Petite Silver....

C'est marrant qu'il t'ait fallu toutes ces épreuves pour t'apercevoir que l'orientation professionnelle pour laquelle tu es vouée va dans le sens de l'humain.

Lorsque l'on possède une sensibilité et une faculté d'analyse telle que la tienne, on se doit de l'utiliser au service des autres mais aussi en tant que facteur d'épanouissement pour soi-même.

Quel genre d'études as-tu déjà fait?

Je dois cependant te mettre en garde, les métiers humains sont tres éprouvants, ils demandent un recul important.

Si tu arrives à trouver la juste mesure de ton rôle, si tu sais te distancier de la souffrance des personnes tout en la prenant en charge, alors tu trouveras une forme d'accomplissement merveilleux.

Attention aussi aux désillusions...tu en sais qq chose : on n'aide pas une personne malgré elle. Etre celui qui apporte une aide c'est aussi accepter qu'on rejette cette aide ou qu'elle soit vouée à l'échec.

Tu t'engages sur une voie pas facile...
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Silver


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PostPosted: Mon 21 Jan 2013 - 20:26    Post subject: On my road again Reply with quote
Comme je te reconnais bien là Léa à vouloir me protéger et me prendre sous ton aile. Comme tu dois t'en douter, la difficulté ne me fait pas peur puisque j'ai un tempérement suffisamment fort pour me faire déplacer des montagnes lorsque je l'ai décidé. Néanmoins, je connais désormais mes limites et je sais que tous les métiers qui touchent à la psychologie ne sont pas fait pour moi puisque bien trop risqués pour mon propre équilibre personnel. Comme tu le dis, un certain recul est indispensable et ce n'est pas à 23 balais que je me permettrais de conseiller quique ce soit au risque de faire encore plus de mal que de bien. Tu sais, je garde aussi encore beaucoup de rancoeur contre cette psy qu'a consulté mon ancien compagnon et qui m'a certainement présentée comme le problème central de sa vie... 

 
Je travaille dans le domaine du développement mais je me rends compte que dans ce monde plus que dans d'autres il faut être un vrai requin pour se faire une place sur le marché du travail. Être le plus compétitif, le plus ambitieux et escalader les cadavres pour me retrouver au sommet de la pile n'est pas ma conception du travail, non. Je veux et aspire à autre chose avec comme idée centrale de mettre les relations humaines au coeur de tout. Je verrai bien où mes pieds me conduisent et ou mon coeur m'incite à aller. Tout ira bien, ne t'en fais pas  Wink
 


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Giller


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PostPosted: Mon 21 Jan 2013 - 22:13    Post subject: On my road again Reply with quote
Ahh, ça c'est un truc que j'ai longtemps pensé : pour se faire une place fat limite manger les autres ... peut-être que je m'imagine pas la concurrence dans ta branche mais aujourd'hui je pars du principe qu'il faut juste se donner au maximum pour se faire sa place, par le mérite et la compétence et non l'agressivité si possible. Un petit rêve mielleux dans ce monde où l'argent pousse aux extremités mais à essayer.


Ya des avantages et des inconvénients partout, le psy dira que le jardinier travaille en plein air, le jardinier dira que le psy travaille au chaud quand il pleut, de même le jardinier peut dire qu'il est heureux au contact de la nature et le psy d'aider à résoudre des problèmes des gens.
Le principe c'est de rentrer dans le métier comme dans un gant, de s'y plaire, et d'avoir les épaules, quand on veut s'accrocher on peut être un dur à cuire, aparemment c'est ton cas, je suis un peu pareil o possible, mais faut se rappeler qu'on n'est pas invincible non plus, ya des trucs imprévus qui peuvent nous dépasser (je fais la mauvaise référence ici).


Le but supreme est le bonheur de toute façon.
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Silver


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PostPosted: Tue 22 Jan 2013 - 14:34    Post subject: On my road again Reply with quote
Malheureusement Giller, dans ma branche d'activités plus que dans d'autres, je ne pense pas mentir en disant qu'être le meilleur ne suffit pas. En tout cas, "être le meilleur" implique de posséder la panoplie du parfait manipulateur qui bidonnera son discours pour récupérer des parts de marché. Faire du développement socio-économique pour améliorer les conditions de vie de populations cibles revient en fait à faire du buisiness sur le dos de ces gens. C'est à qui sera le plus rapide à répondre à l'appel à projet de l'AFD pour choper les financements de l'UE (--> Le plus vénal et non pas le plus compétent). C'est à qui sera le plus menteur et le plus hypocrite sur ses intentions de condidérer un projet de développement comme une main tendue vers ces pauvres petits noirs malades et analphabètes qui sont très malheureux alors qu'en fait il s'agit juste de s'assurer un salaire à la fin du mois... Désolée si je déroule les clichés mais je découvre avec effroi que oui, pour trouver une place sur ce marché du travail, alors il faut jeter ses valeurs aux oubliettes et renier ce que l'on est au profit d'un gain financier et certainement pas humain. Faire du développement, c'est jouer aux machines à sous en oubliant que finalement, l'argent tombe parce qu'il y a des gens qui se retrouvent dans des situations précaires et graves...        

        
Parfois bien sûr, une voix s'élève du monticule de cadavres et puis un corps décharné se relève et aligne un pied devant l'autre pour porter sa voix ; oui il existe quelques personnes qui véhiculent une vision plus humaine et qui tentent de changer les choses. Mais n'en reste que le système est corrompu à la base, que tout ce monde de "solidarité internationale" n'est qu'une vaste fumisterie, dans son ensemble. Je m'en rends peut-être seulement compte aujourd'hui parce que j'ai suffisamment repris du poil de la bête pour me battre à nouveau dans le sens de mes idées, de mes valeurs, de mes principes.
        

        
Ces réflexions n'ont certainement pas vraiment leur place ici. Ici, c'était mon radeau de naufrage, mon exutoire, mon refuge. Je suis venue ici pour ne pas sombrer et pour me raccrocher à votre humanité, à votre écoute, à votre soutien infaillible. Ce que j'ai gagné avec cette épreuve m'est bien supérieur à ce que j'y ai perdu. Parce que oui, je remplis mes colonnes (+) et (-) et je constate que je suis plus que gagnante dans cette équation. Je suis redevenue moi-même après des mois passés à souffrir sans voir d'amélioration concrète. J'ai retrouvé ma force, ma combativité, mon énergie, ma capacité d'émulation et d'entraînement. Je me suis trouvée en tant que femme, quel bonheur ! Je n'ai pas perdu mon amour, j'ai perdu celui qui en était l'instigateur mais notre amour continue de me porter et reste dans un coin de mon coeur pour me pousser à avancer et à être heureuse. J'ai gagné en expériences, en vision de la vie en général, de la mienne plus spécifiquement. J'y ai gagné en apprentissage via nos échanges et nos discussions. Certaines continuent de m'habiter et de me faire avancer, vraiment... J'y ai aussi gagné en connaissance des pièges de la vie ; jamais au grand jamais je ne veux être aliénée par une dépendance à quoique ce soit. J'ai pu voir la destruction de l'homme par l'homme et cela m'aura marquée à vie, croyez moi...
        

        
Whao putain je suis si fière de moi, ce truc de fou quoi quand je vois le chemin parcouru !!!  Okay
        
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AFREG
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PostPosted: Sun 24 Mar 2013 - 18:05    Post subject: On my road again Reply with quote
Bonjour SILVER / BLACKSWAN,

Cela fait plus de deux mois que tu n'es pas venue t'exprimer sur ton carnet;
Comment te sens-tu? A quel point en es-tu dans ton histoire?
Amicalement.

Rappel: les carnets où les membres fondateurs ne semblent plus venir s'expriment, sont susceptibles d'être archivé 30 jours après relance.
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blackswan


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PostPosted: Fri 18 Dec 2015 - 01:48    Post subject: Message d'espoir :) Reply with quote
Bonsoir aux personnes qui me liront,  
 

J'ai ouvert ce Carnet il y a maintenant près de 4 ans et je mesure le long chemin parcouru depuis... Début 2012, j'écrivais sous le pseudo de "Blackswan", pseudo que j'ai ensuite remplacé par "Silver" quand ma relation de couple s'est terminée et que j'ai repris ma route seule. Pour la petite histoire, ce fut impossible ce soir de me souvenir de mon mot de passe lié à mon pseudo Silver alors je tournerai la dernière page de ce carnet avec le pseudo que j'ai utilisé pour le démarrer. On peut dire ainsi que la boucle sera bouclée.  
 

 
 
Je tiens ce soir à laisser un message d'espoir aux compagnes et compagnons de dépendants, après trois ans de travail sur moi-même qui m'ont aidée à me reconstruire progressivement.  
 

 
 
Je vais bien. Oh bien sûr ce serait mentir de dire que je ne connais pas de moments de doute, de remise en question, vous savez, ces fameux moments où l'on ressasse son passé en broyant du noir. Le truc c'est que cela ne dure plus bien longtemps et que le bonheur d'être en vie reprend très vite le dessus.  
 

 
 
J'ai vécu des moments très sombres il y a 3-4 ans et ce forum m'a été d'une aide et d'un soutien incroyables. Je n'oublierai jamais toutes les personnes qui m'ont lue, écoutée, conseillée (sans jugement aucun). Je remercie aussi le ou les créateurs de ce forum (je ne connais plus non plus l'historique et qui est à l'origine de quoi car ma mémoire flanche sur ce point mais simplement MERCI) !  
 

 
 
J'ai passé des nuits et des jours à essayer de comprendre mon compagnon de l'époque, j'ai tenté de l'aider (en vain), de le soigner (encore plus vain), je voulais arrêter d'être une simple spectatrice et tout résoudre par moi-même (encore encore plus vain). Cela a duré près d'un an sur trois années de couple. Je me suis épuisée physiquement et moralement (...vous connaissez la chanson).  
 

 
 
Malgré tout, je ne regrette rien. Cette expérience de couple m'a autant détruite qu'elle a fait de moi la personne que je suis devenue. Je suis infiniment plus à l'écoute des autres et de moi-même aujourd'hui, je connais désormais mes limites et lorsqu'un homme me blessait et qu'il dépassait ces limites qui sont les miennes, je partais sans me retourner pour me protéger.  
 

 
 
Après quelques échecs et un gros travail de regain de confiance en moi-même, j'ai rencontré la personne qui partage ma vie aujourd'hui et que j'aime plus que tout. Sans ces expériences douloureuses, je ne me serais pas construite telle que je suis, je n'aurais peut-être pas emprunté les mêmes sentiers, je n'aurais pas rencontré mon homme et celui-ci ne serait certainement pas si fier de la personne que je suis aujourd'hui. J'apprends aussi grâce à lui à construire un couple harmonieux, dont les piliers soutiennent ensemble les pierres déposées ensemble l'une après l'autre.  
 

 
 
Je sais aujourd'hui qu'un pornodépendant ne peut s'aimer lui même quand il est dans ce tourbillon si terrible et qu'il ne saurait aimer quelqu'un d'autre. J'apprends donc à aimer chaque jour un peu plus et à être aimée pour qui je suis au plus profond de moi-même. Chaque histoire est différente, chaque amour a ses forces et ses faiblesses mais j'ai du mal à croire qu'un couple puisse y survivre. En revanche chaque élément distinct du couple peut s'en sortir, oui, çà j'y crois plus que tout... Chacun doit travailler sur lui-même après une telle épreuve... Après la tempête, il y a encore des bourrasques, oui, mais la vie continue et tout est possible à partir du moment où l'on retrouve confiance en soi, où l'on s'aime à nouveau, où l'on en discute en dehors de ce forum également (très important de ne pas rester dans ce sentiment de honte qui n'a pas lieu d'être).   
 

 
 
Je suis pleine d'espoir et je suis très fière du chemin parcouru aujourd'hui.  
 

 
 
Je vous souhaite à tous le meilleur, je vous souhaite de prendre soin de vous individuellement avant de prendre soin des autres. Je vous souhaite de sortir de la tempête et de voir les arc en ciels au dessus de vos têtes.
 

 
 
Je remercie Léa, Amalia, Giller, Oups et Betty pour leur soutien sans failles.  
 

 
 
Je remercie la vie.  
 

 
 
Célia  
 



 
 
 
 
 
 

_________________
"Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers." [Charles Beaudelaire]
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MP


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PostPosted: Wed 27 Jan 2016 - 01:24    Post subject: On my road again Reply with quote
Ta plume est belle. Autant dans le fond que dans la forme. 
Je ne sais pas si tu as conscience du bien etre que cela peut faire de te lire. De lire surtout ces derniers mots. 
Mais pour ça merci.
Parce que je me sens moi,meme à la croisée des chemins, entre cette histoire si forte  & si destructrice et la vie pétillante qui m'a toujours portée et apportée de celle belles choses et encore plus de belles rencontre. Je sais que je ne m suis pas perdue dans cette histoire. J'essaie d'en sortir sans rancoeur et sans regrets. C'est dur. C'est dur de faire le deuil de l'amour que l'on projetait avec l autre. Mais je sens que c'est ce que je veux... Avancer.
Et lorsque je te lis. Je sens, je sais que je suis la meilleure voie, celle qui est la mienne. Celle qui va me pousser au bonheur plutôt qu'à d'éternelles souffrances. Lorsque je te lis,, j'ai envie de respirer à fond. De sourire. Lorsque je te lis je suis rassurée et pleine d'espoir.
Pour tous ces mots et pour ce si beau témoignage de vie
Sincèrement et du fond du cœur. Merci.
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Léa


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PostPosted: Wed 27 Jan 2016 - 22:07    Post subject: On my road again Reply with quote
Ma petite Black....je n'avais pas vu ton maginigique message...
Je le découvre ce soir et te souhaite de t'envoler dans la vie, la vraie, vie, la belle vie.


Je t'embrasse bien fort.
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blackswan


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PostPosted: Thu 28 Jan 2016 - 01:48    Post subject: On my road again Reply with quote
Je vous remercie de vos messages les filles... 
 

Je vous avoue que pour moi cela a été vraiment long de faire le deuil de ma relation avec cet ex et que pour me sauver j'ai du couper tous les liens qui me reliaient à lui... Il y a un an environ, il m'a encore dit que s'il avait eu ce comportement aussi destructeur c'était en raison de son manque d'amour envers moi : encore un coup de poignard de plus dans mon cœur alors que nous étions pourtant séparés depuis plus de deux ans... 
 
 

Ce qui m'a sauvée ce sont mes amis, ma famille, mon job, mes nouvelles rencontres amoureuses ET surtout un travail sur moi-même que je continue de réaliser jouer après jour. Je me suis ainsi rendue compte que je choisissais des compagnons qui étaient bien souvent malheureux au fond d'eux-mêmes et que j'avais cette envie viscérale de les "sauver" parce que je n'avais pas réussis à le sauver Lui. Ce qui était une très mauvaise chose car je replongeais dans des relations où je me donnais à fond sans vraiment recevoir de mon côté. C'était un vrai travail de comprendre que je ne peux pas sauver tout le monde et que je dois faire attention à moi avant tout. Et vraiment j'insiste là dessus car je me suis plantée à plusieurs reprises en répétant ce schéma et après il faut encore se relever Wink  
 
 

Je vous lis avec toute la distance que je m'impose pour ne pas recréer un lien trop fort avec ce forum. Ce n'est pas contre vous mais à une époque j'y ai passé tellement d'heures de connexion qu'aujourd'hui je préfère essayer de me préserver le plus possible de tout cela.  
 
 

Léa, c'est encore trop frais pour que tu puisses regarder ton ancienne histoire du coin de l'oeil en te disant que le bonheur est bien plus savoureux aujourd'hui. Tu es encore dans la phase où tu te dis que cela aurait pu être merveilleux car cet homme avait tout pour lui et qu'il a tout gâché, que le lien qui vous reliait était unique et que l'amour que tu portes aujourd'hui à ton nouveau compagnon te semble moins "évident", moins fusionnel, moins moins moins... C'est peut-être un amour de transition, l'avenir te le dira et t'apportera des réponses, il faut simplement patienter et aller de l'avant, penser à toi, réapprendre le partage en couple... 
 

 
Te concernant MP, ce que j'ai lu sur ton carnet m'a fait vraiment de la peine et du soucis pour toi. Ce que je peux te dire c'est qu'il faut te retrouver toi, te concentrer sur ton bonheur et tes envies profondes. Avant de tirer un trait sur cette histoire tellement destructrice tu dois passer par les étapes de toute rupture amoureuse normale dirons nous. Ce n'est pas un moment facile et je te souhaite tout le courage nécessaire. Personnellement, le sport m'aide quand je ne vais pas bien et je mets mon énergie dans l'effort physique pour reprendre mes questions un peu plus tard à tête reposée. Parle en à tes amies, tu verras qu'il y a toujours des oreilles attentives. C'est vraiment important de pouvoir en parler en dehors de ce forum pour mettre des mots sur des situations douloureuses que l'on a vécues et de comprendre que nos amis ne nous jugent pas et nous soutiennent. 
 

 
Ce qui m'a sauvée, c'est de reprendre confiance en moi, de retrouver mon énergie, ma joie de vivre, ma spontanéité, mon humour, mes mémorables fou-rires dont mes amis n'entendaient plus le son depuis bien longtemps. Pour aucun homme je ne retomberai dans cette horreur psychologique, physique (j'ai perdu 12 kgs à force de ne plus manger, ne faire que pleurer et me disputer avec lui lorsqu'il était en plein déni). Je me le suis promis, je ne souhaite plus jamais revivre cela... 
 

 
Aujourd'hui je suis heureuse. Ce n'est pas facile tous les jours, comme je l'ai dis, mais je me connais mieux et je sais identifier les moments où j'ai besoin de temps pour moi afin de me ressourcer et de continuer d'aller de l'avant. Chaque jour sans lui est un jour de bonheur gagné, je le vois comme cela désormais.  
 

 
Mon compagnon actuel est un homme merveilleux et comme je l'ai déjà écrit, sans cette histoire d'il y a 3 ans, je ne l'aurais peut-être jamais rencontré sur ma route. Peut-être qu'un jour je lui en parlerai parce que cela fait partie de mon histoire personnelle et que cela a vraiment contribué à me faire prendre certaines décisions dans mes choix de vie... Nous verrons, j'avance à petits pas de loups et j'apprends à l'aimer pour tout ce qu'il est et ce qu'il n'est pas. Je suis heureuse sans lui mais je suis aussi très heureuse avec lui, il m'apporte ce petit grain de magie qui fait battre mon coeur plus fort dans tout ce que j'entreprends car il m'encourage, me soutient et partage avec moi les petits moments de désillusions ou de joie que nous donne la vie. 
 

 
En tous les cas, je suis heureuse que mes mots puissent vous faire du bien, vous donner de l'espoir. Je suis de tout coeur avec vous, je vous soutiens par la pensée dans tous vos moments de doutes et de peine, vraiment. Je vous comprends mais maintenant il faut penser à construire votre bonheur à vous. C'est le moment ! 
 

 
Léa tu restes chère à mon coeur pour toutes les lignes que nous avons échangé ensemble et j'aurais souhaité que cela soit dans un autre contexte. Je vais prendre un moment pour t'écrire et te raconter de jolies choses. Je t'embrasse. 
 
 
Prenez grand soin de vous,
 

 
 
 
Célia 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

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"Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers." [Charles Beaudelaire]
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Olivia


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PostPosted: Mon 27 May 2019 - 17:00    Post subject: On my road again Reply with quote
bonjour blackswan 
j'avais deja parcourue ton carnet mais la ca y'est c'est lu et c'est difficile pour moi.


j'ai lu sur d'autres carnets que meme apres une séparation la situation est difficile pour nous compagnes mon dieu que horreur une vrai saloperie le porno j'ai vraiment envie de partir en guerre contre.


tu as ecrit 


Je sais aujourd'hui qu'un pornodépendant ne peut s'aimer lui même quand il est dans ce tourbillon si terrible et qu'il ne saurait aimer quelqu'un d'autre. J'apprends donc à aimer chaque jour un peu plus et à être aimée pour qui je suis au plus profond de moi-même. Chaque histoire est différente, chaque amour a ses forces et ses faiblesses mais j'ai du mal à croire qu'un couple puisse y survivre. En revanche chaque élément distinct du couple peut s'en sortir, oui, çà j'y crois plus que tout... Chacun doit travailler sur lui-même après une telle épreuve...


si je veux que mon couple survive a cela cela veut dire que je doit faire des efforts c'est bien ca ? 
c'est injuste j'ai rien fait moi je suis pas prete j'ai pas envie de faire des efforts.




apres tout ce temps en souffre tu encore des moments de doutes? explique moi ton etat d'esprit ma santé mental est trop fragile j'ai l'impression de devenir folle 
je vois tellement de compagne revenir ici pour m'aider ainsi que d'autres que je me questionne sur votre resenti apres des années.


dsl pour les fautes ecrire avec un bebe en bas age dans les bras c'est tres compliqué


merci de ton retour sur mon carnet en tout cas meme si  pour l'instant je ne suis pas sauvé d'affaire je lis et je relis et un jour ca m'aidera a avancer j'espere ou pas on verra bien mon esprit est trop noir aujourd'hui.
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