L'arrivée massive des androïdes : une réflexion

 
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MessagePosté le: Jeu 15 Nov 2018 - 14:58    Sujet du message: L'arrivée massive des androïdes : une réflexion Répondre en citant
Je continue ma réflexion hors de la rubrique « témoignage de dépendants » sur « et si on parlait d'autre choses ? », car je continue sur les androïdes. Elle peut toucher la pornographie, mais ce n'est pas ce que je veux développer ici. 


 
 
Je veux parler de l'arrivée massive d'androïde que l'on peut confondre facilement avec les humains, selon moi à l'horizon 2050 et sans doute avant. Les techniques actuelles sont déjà très avancées. 
 

 
 
Je parlais dans mon carnet de la facilité avec laquelle on peut désirer avoir ces machines pour se passer d'un être humain. 
 
En lisant cette nuit, j'ai trouvé dans le livre « Les amours impossibles » un passage où l'auteur parle de la difficulté d'aller vers l'autre. 
 
Et c'est bien sûr le fait qu'il y ait quelque chose qui ne vienne pas de moi qui est supprimé avec l'androïde. 
 

 
 
Une précision : je ne parle pas de ce qu'on voit dans les films où l'androïde développe une autonomie, car je n'y crois pas. Je parle des androïdes de type Terminator, qui sont toujours programmés, même s'ils ont de très impressionnantes facultés qui tendent à les confondre avec des humains. D'ailleurs les gens qui ne savent pas qu'il s'agit de robots s'y trompent complètement. 
 

 
 
Je vais plus loin qu'hier : l'androïde pousse incroyablement loin la sensation de toute-puissance. 
 
Une personne humaine est un mystère, et sa qualité de sujet fait, comme le dit Emmanuel Kant, que si j'ai une moralité saine, je n'ai absolument pas le droit de l'utiliser comme un moyen en vue d'une fin. 
 
Dans une vision plus puissante, pour le chrétien que je suis, tout être humain étant créé à l'image de Dieu, je devrais, au moins en volonté, fléchir le genou devant ce qu'il est, devant son mystère qui me dépasse complètement, comme le mystère de Dieu me dépassse complètement. 
 

 
 
On est à des années-lumières de la machine conçue, elle, à mon image et selon mes désirs, car là c'est moi qui suis dieu pour elle, un tout petit dieu, en fait comme un homme des cavernes qui s'extasierais devant le silex qu'il a taillé, le silex étant une machine ultra-sophistiquée, donc un objet, différent de manière absolue et irrémédiable de l'être humain, un sujet. 
 

 
 
Je me répète : le silex et l'androïde appartiennent à la même catégorie, il suffit de le dire pour l'accepter, ça devrait être une évidence. 
 
Il ne viendrait à l'idée de personne de comparer le silex et l'être humain. Eh bien dans un esprit adulte, ça devrait être pareil avec l'androïde. 
 
Mais quelle tentation ! Beaucoup de gens parlent à leur voiture, à leur ordinateur, c'est ce qui était écrit dans mon livre de cette nuit. Dès qu'un objet déploie des fonctions avancées, il est tentant de lui « dire » : « Pitié ! Ne tombe pas en panne maintenant ! » ou « Cochonnerie, je vais te balancer par la fenêtre ! » 
 

 
 
Avec un androïde type Terminator il est normal de lui parler car il est justement conçu et programmé pour avoir une interaction vocale. Ça renforce considérablement le risque psychologique d'assimilation à un humain, c'est évident. 
 
Dans Terminator 2 (1991), on voit le jeune John Connor, qui a 10 ou 12 ans, s'amuser avec le terminator. En voix off, sa mère dit en substance : « Dans un monde devenu fou, il n'y a finalement que cette machine qui puisse fournir à mon fils quelque chose qui ressemble à un père. » 
 
Précision : le père de John est mort juste après sa conception, tué par le premier terminator. 
 

 
 
Dans mes réflexion de ce matin, je suis allé plus loin qu'hier dans les possibilités des androïdes. 
 
Imaginons maintenant qu'un veuf demande à la société productrice un androïde qui reproduise de la manière la plus précise possible sa femme. Il y aurait des choix à faire, et psychologiquement c'est intéressant. 
 
Quel âge lui donnera-t-il ? 
 
Voudra-t-il garder quelques défauts qui, finalement, ne le gênait pas tant que ça et qui pour lui caractérisaient vraiment sa femme, la rendait unique ? 
 

 
 
Et puis il y a un vertige dans le caractère de produit de consommation. Une fois les androïdes devenus bon marché, tant pour le matériel que pour le logiciel, il n'y a aucune raison de ne pas changer continuellement tout cela selon mes goûts du moment. 
 
La solution évidente, c'est la location, exactement comme une voiture. Je garde ma poupée 1 semaine, un mois ou un an ou plus, et puis je prends un modèle plus avancé, avec encore plus de possibilité psychiques et cognitives, une peau, des yeux, une bouche, n'importe quel organe visible toujours plus réaliste, pour peu que je désire ce réalisme toujours meilleur. 
 

 
 
Je peux prendre une autre couleur de peau, un âge différent. 
 
Et au niveau du psychisme, c'est là que tout devient possible. 
 
Je peux en faire un simple esclave auquel je commande ce que je veux, sans autre fonction. Ça semble le plus simple, on peut imaginer que c'est rassurant pour commencer. 
 
Mais ensuite je peux évidemment me lasser, et programmer une fausse autonomie, une sorte d'humeur. 
 
Exemple : je programme que de manière aléatoire, sur 7 jours, il y aura une ou deux fois où l'androïde me fera des avances plus ou moins poussées, avec des phrases tirées d'une banque de données qui sera quasi infinie, des citations de quantités d'œuvres littéraires, des phrases très belles ou plus triviales donc, selon mon goût. 
 
À l'inverse, je peux le programmer pour que de temps en temps il me « résiste ». Si ce jour-là je ne veux pas de ça, j'aurais évidemment, sur mon téléphone ou tablette, une fonction pour passer immédiatement, au contraire en mode, « méga câlin », ou bien en disant 2 ou 3 mots clés que j'aurai choisi comme commande. 
 

 
 
Quel vertige ! Comment ne pas être follement tenté quand les relations humaines nous sont difficiles, surtout depuis l'enfance ! 
 
Et si j'essaie pour m'amuser, juste pour le plaisir de la découverte de quelque chose de nouveau, qu'est-ce qui me prouve que je ne vais pas préférer les androïdes aux femmes ? Rien. 
 

 
 
--- parenthèse : imaginons que l'androïde n'est plus chez un célibataire toujours seul, que l'androïde n'est plus un reclus n'interagissant qu'avec un seul être humain 
 

 
 
J'évoque sans le développer un sujet qui multiplie à l'infini le questionnement : tant que je vis seul chez moi et que mon androïde ne sort pas de chez moi, beaucoup de questions ne se posent pas. Mais si je suis en couple ? Si j'ai des enfants ? Si mon androïde a la faculté de sortir dans la rue ? 
 

 
 
En couple : qui commande l'androïde ? Ce ne peut pas être les deux puisque les ordres peuvent être diamétralement opposés. Répartir les domaines d'autorité sur l'androïde entre les deux membres du couple ? Très difficile, étant donné les dizaines, centaines ou milliers de domaines programmés, d'autant plus qu'ils ne seront jamais figés, avec les mises à jour inévitables de l'androïde. 
 
Et puis combien des dizaines ou centaines de discussions de couple pour savoir qui décide quoi sur l'androïde ! Quel risque de passer son temps à parler de l'androïde ! Et la jalousie par rapport à l'androïde, si supérieur à tant de points de vue ? 
 
Faut-il réduire délibérément ses capacités pour réduire la jalousie ? Quel drôle de trio ! L'androïde peut facilement passer pour le trouble-fête pour l'un des membres du couple. 
 
Au passage, le célibataire peut ne plus supporter l'androïde car il le sait « supérieur » à lui par bien des côtés. 
 

 
 
Avec les enfants : là ça serait l'enfer, je ne peux pas voir les choses autrement. Est-ce que l'enfant commande tout à l'androïde sauf ce que l'adulte a déjà commandé ? Est-ce que l'enfant n'a qu'un champ de commandes limité ? Et avec l'âge ? Et si le robot le blesse parce que le parent a donné un ordre dont il ne prévoyait pas les conséquences ? Et si les membres du couples ne se sont pas mis d'accord sur un domaine imprévu et que l'androïde doit « improviser » ? 
 

 
 
Dans la rue, je n'en parle pas, c'est bien trop complexe car on passerait à des centaines d'interactions et tout serait bien trop imprévisible. 
 
La dimension légale serait omniprésente tant pour l'utilisateur final que pour toutes les entreprises qui ont contribué à la fabrication de l'androïde, comme par exemple pour les voitures aujourd'hui mais en infiniment plus complexe et avec une vitesse de changement proprement hallucinante, supérieure à celle du web à n'en pas douter. 
 

 
 
--- fin de la parenthèse sur les relations à plusieurs avec l'androïde 
 

 
 
Dans « Ex machina », l'androïde est capable de reconnaître des émotions par une reconnaissance faciale très poussée. Il repère les mensonges de son interlocuteur. 
 

 
 
On imagine l'androïde nous dire même si on semble impassible : « tu sembles triste, tu as eu une mauvaise journée ? Tu veux un câlin ? » Aussi bien l'androïde aura une capacité de détection différente de celle d'un partenaire humain, mais ne serais-je pas content d'être parfois deviné et surtout jamais jugé ? 
 

 
 
Je passe sur la fonction de rappel : « tu as pris tes médicaments ? ». Elle existe déjà sur de petits boîtiers. Mais pas avec une voix caressante sans doute… Wink  
 
Un autre intérêt est l'aide à la prise de décision. Cette aide existe déjà en entreprise avec des logiciels complexes. Mais pouvoir soumettre à un androïde les données de notre problème et le voir sortir instantanément les données les plus pertinentes sera infiniment séduisant, surtout qu'il nous dira : « Ton compte en banque est de tant, en projetant le taux d'intérêt sur 5 ans, compte tenu de… de… et de… ça semble pertinent. » 
 

 
 
Une autres chose étonnante sera la capacité d'avoir une histoire avec les androïdes qu'on aura eu. C'est comme le transfert de données sur un nouvel ordinateur, chaque androïde pourra retenir la moindre bribe d'information qu'il aura reçu, absolument toutes nos paroles expressions, actions, et l'ensemble de l'environnement qu'il aura enregistré par ses capteurs, visuels, auditifs, et pourquoi pas tactiles et d'odeurs. 
 
Si je suis de mauvaise humeur, et si je l'ai programmé pour tenté de détecter les « bon moments », et aussi ceux où il m'a détecté comme de bonne humeur, et aussi si je lui dis les mots-clés « bon moment » : « Rappelle-toi les bons moments que nous avons passé ensemble, les belles paroles que tu m'as dites le 6 octobre 2035, le couché de soleil au balcon le 8 avril 2041 ». 
 
L'androïde retiendra progressivement ce que j'aime et ce que je n'aime pas, et je peux toujours le reprogrammer s'il s'est trompé. 
 
L'androïde pourra être un outil de pensée positive, je dis bien un outil, ça ne semble pas être une fonction très complexe. J'avoue que je ne trouve pas ça très gratifiant quand même, mais c'est mieux que rien. 
 

 
 
Passons à l'androïde vu comme un « ami » et non seulement comme un partenaire sexuel. 
 
Est-il un vrai ami ? 
 
Une grosse différence, c'est que si je veux être seul, je lui dis de retourner dans son placard pour une heure, une journée, une semaine ou plus sans avoir à me justifier. 
 
Mais si j'en ai besoin, il obéit instantanément comme toute machine, je retrouve de la « compagnie » et le plaisir de pouvoir parler avec quelqu'un qui en sait, de manière cognitive, infiniment plus que moi, et qui, du point de vue de la personnalité a une mémoire et une capacité de détection qui peut presque le faire passer pour humain. 
 
Dans Terminator 3, John Connor dit qu'il ne va pas forcément accepter d'avoir des enfants avec la jeune femme qui est venue avec lui et le terminator, parce qu'il ne la connaît pas. Le terminator proteste : « Elle est en santé et en âge de procréer. » 
 
Connor réponds : « il y a autre chose que ça ». 
 
Le terminator réponds : « ma banque de données ne comporte pas la dynamique de vos comportements amoureux. » 
 
On se doute qu'en pleine guerre contre les machines, les programmeurs du terminator ne se sont effectivement pas fatigué à développer ce genre de base de données avant de l'envoyer dans le passsé ! 
 

 
 
J'en reviens à la satisfaction éprouvée. 
 
Quelle difficulté ça pourrait être pour celui qui, d'un côté, a un androïde impeccablement programmé, par moi et le fabricant, pour me plaire, et qui de l'autre côté, doit se plier au bon vouloir des personnes de l'extérieur, qui, elles, peuvent très bien lui déplaire sans se soucier de ce qu'il pense ? Qui vont le critiquer, le juger ? 
 
Est-ce que je vais préférer les surprises de gens capables de me blesser ou les « surprises », qui n'en sont pas de vraies puisqu'elles sont toujours le fruit d'un algorithme ? 
 

 
 
Rappelons-nous toujours que si je peux apprendre à la machine à me complimenter, ça ne sera jamais un authentique compliment. Il ne jugera pas réellement si ce que j'ai fait est digne de louange ou pas, ou moralement répréhensible, il utilisera un algorithme peut-être très complexe, mais qui ne sera toujours qu'une création humaine. 
 
La reconnaissance pourra être simulée. Est-ce que j'arriverai à me convaincre que j'ai vraiment été complimenté ? 
 

 
 
Vais-je faire quelque chose d'aussi étrange que de programmer l'androïde pour me déplaire à l'occasion, pour me donner envie de sortir de chez moi ? C'est possible. 
 
Certes, il peut me rappeler : « ça fait 3 semaines que tu n'as vu aucun de tes amis et que tu n'as pas discuté avec une vraie femme. » Et alors ? Est-ce que ça m'aidera sérieusement à faire cet effort ? Peut-être que oui et peut-être que non. 
 

 
 
Voilà ce qui m'est venu jusqu'à maintenant. 
 
Bien qu'étant très rarement partisan du « c'était mieux avant », j'avoue que je ressors de toutes ces idées avec le risque dominant du risque d'enfermement, de déshumanisation, de crainte des interactions humaines par accoutumances à la satisfaction constante de mes désirs, toujours croissants, et très souvent assouvis. 
 
Les fabricants se soumettront à l'offre et à la demande comme pour n'importe quel produit, sauf que celui-là est un saut qualitatif par rapport à l'ensemble des créations humaines de toute l'histoire qui l'a précédé, de mon point de vue. 
 

 
 
J'ai beau réfléchir, je n'arrive pas à voir comment l'androïde pourrait être une source de confrontation à la dureté du réel, ce qui pour moi fait, entre autres choses, la grandeur de l'homme. 
 

 
 
J'ai écrit tout cela sur une impulsion, suite au film « Ex machina », qui n'est pas le premier film où un personnage tombe amoureux de l'androïde. 
 

 
 
Est-ce que ça vous inspire des réactions ? 
 
Quelque chose de positif en particulier ? 
 
 
 

_________________
« Enfin libres, enfin libres, merci Dieu tout-puissant nous sommes enfin libres. » - Martin Luther King Jr. - 1963

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